L’ère du « pré carré » français en Afrique francophone est « terminée »: le dirigeant français Emmanuel Macron a justifié ce 10 mai, à son arrivée au Kenya, d’avoir choisi ce pays anglophone pour le seul grand Sommet franco-africain de sa présidence, minimisant au passage le divorce avec trois États sahéliens.

Emmanuel Macron a au passage critiqué les militaires au pouvoir à Bamako (Mali), estimant que « l’actualité montre que la Transition malienne n’a pas pris la meilleure décision » en exigeant le départ de l’Armée française qui combattait les jihadistes jusqu’en octobre 2022.
Le sentiment antifrançais est aussi monté ailleurs à travers le continent, du Sénégal à Madagascar en passant par l’Algérie, où les relations restent en dents de scie malgré un nouveau début de dégel depuis la fin de la semaine du 04 au 10 mai 2026. Le partenariat avec le Kenya se veut emblématique de la « relation refondée » que Paris souhaite avoir avec l’Afrique. Le Kenya accueille aujourd’hui 140 entreprises françaises aux profils et tailles variés, contre une trentaine de grosses sociétés il y a encore 15 ans.
Ce 10 mai 2026, l’armateur français ‘CMA CGM’ a signé avec le Gouvernement kényan un « accord de partenariat stratégique » pour développer des infrastructures logistiques et de transport, pour un montant de 700 millions d’euros. « Nous partageons des positions communes sur la réforme de l’architecture financière internationale », a souligné William Ruto, devenu un acteur incontournable de ces nouveaux liens franco-africains. Ce dossier est au menu du Sommet ce 12 mai pour mobiliser de l’argent privé et contourner la disette de l’aide publique au développement (depuis 2020).
Le Président kényan devrait sortir renforcé de ce Sommet, pour ensuite représenter son continent mi-juin 2026 à un Sommet du G7 à Evian (en France), Sommet auquel il a été invité par Emmanuel Macron. Le Sommet de Nairobi se veut orienté vers l’économie et les investissements, en présence d’une importante délégation de chefs d’entreprises françaises, dont Rodolphe Saadé (CMA CGM), Patrick Pouyanné (TotalEnergies), Sébastien Bazin (Accor) et Antoine de Saint-Affrique (Danone).
Ces PDG rencontreront ce 12 mai plus d’une vingtaine de Chefs d’État et de Gouvernement attendus, et des promesses d’investissements de plusieurs milliards d’euros sont prévues, selon une source diplomatique.
La diplomatie française espère ainsi répondre aux critiques contre un certain désengagement de quelques entreprises françaises, qui est allé de pair avec le recul de l’influence de Paris dans plusieurs pays africains ces 4 dernières années. Si le discours fondateur de la politique d’Emmanuel Macron pour l’Afrique, en octobre 2017 à Ouagadougou, au Burkina Faso, évoquait bien cette volonté de diversifier la relation, de multiplier les partenariats et de miser sur les instruments du « soft power » comme le Sport ou la Culture, la tendance a aussi été accélérée par la situation géopolitique.
La mini-tournée africaine du Président français se terminera ce 13 mai en Ethiopie.



