Le Président kényan William Ruto, hôte du Sommet franco-africain de Nairobi, a fustigé ce 12 mai les inégalités diplomatiques et financières que subit l’Afrique au niveau mondial, et a réclamé que la « voix » du continent soit prise en compte, au Conseil de Sécurité de l’ONU.

« L’actuel système financier international reste structurellement inégal », a également dénoncé à la tribune le Président kényan, déplorant les coûts d’emprunt élevés, l’accès restreint à certains financements ou encore les « préjugés » des systèmes de notation qui « découragent » notamment les investissements. Selon lui, « ce déséquilibre n’est ni supportable ni juste » et est l’un des principaux obstacles à la « capacité de l’Afrique à financer ses infrastructures, son industrialisation ou sa transformation ».

Le Président kényan a noté que l’Afrique dispose d’importantes réserves de capital inutilisées, notamment, selon lui, plus de 4.000 milliards de dollars d’épargne à long terme. Avec cet argent, « l’Afrique doit financer l’Afrique », a lancé M. Ruto, car « ni la Banque mondiale ni le FMI (Fonds monétaire international) seuls ne peuvent financer le développement qu’ambitionne le continent ».
Mais l’Afrique doit aussi travailler à « connecter » les économies de ses différents Etats, notamment via la Zone continentale de libre échange africaine (Zeclaf), entrée en vigueur en 2021, mais toujours embryonnaire. Et en « accélérant les investissements » dans les infrastructures de transport – routes, ports, chemin de fer, aéroports – et logistiques, a-t-il poursuivi. Selon la Zeclaf, le commerce intra-continental en Afrique ne représente « qu’à peine 15% des échanges commerciaux du continent ».
Ce 11 mai, à l’issue de la première journée du Sommet durant laquelle MM. Macron et Ruto ont martelé que l’Afrique avait « besoin d’investissements » plutôt que d’aide publique, le Président français a annoncé 23 milliards d’euros d’investissements pour l’Afrique, dont 14 milliards d’investissements français, essentiellement privés.
Une démonstration concrète, à ses yeux, du bien-fondé d’une relation renouvelée avec le continent, qu’il met en avant depuis le début de sa tournée mini-africaine le 09 mai dernier, après des années de déboires et de tensions avec plusieurs anciennes colonies francophones.
« L’Afrique n’est pas une partie des problèmes mondiaux. L’Afrique est une partie de la solution », a affirmé le Président kényan, citant ses ressources naturelles, ses minerais stratégiques, ses terres fertiles, son potentiel en termes d’énergie renouvelable, son marché croissant de consommateurs et la plus jeune population du monde.
Avec son potentiel en matière d’énergie renouvelable, l’Afrique a « une opportunité historique » de « mener » la transition énergétique mondiale, a assuré M. Ruto. « Pour l’Afrique, cette transition énergétique doit aussi être une transition vers le développement et l’industrialisation », a-t-il souligné.
© Afriquinfos & Agence France-Presse



