L’Afrique a « besoin d’investissements » plutôt que d’aide publique, aide que l’Europe n’est de toute manière plus en mesure de lui fournir en abondance, a fait observer ce 11 mai le Président français Emmanuel Macron, au premier jour du ‘Sommet franco-africain’ de Nairobi.
Emmanuel Macron a martelé ce 11 mai que les destins de l’Europe et de l’Afrique sont liés: « Si vous échouez, on n’a aucune chance (…) Votre jeunesse quittera (vos pays) et on aura plein de tensions migratoires », a-t-il prévenu.
Dans un entretien publié ce 11 mai par ‘Jeune Afrique’ et ‘The Africa Report’, il a défendu les vertus des Européens comme partenaires du continent africain, par rapport aux États-Unis et surtout à la Chine. M. Macron y rappelle avoir « condamné avec force la colonisation » dès 2017, année de son arrivée au pouvoir. « Mais je ne lui imputerai pas tout », car « on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances » des ex-colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il. Appelant les dirigeants africains à « améliorer la gouvernance ».

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que « le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle ». « L’Europe défend l’ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert », tandis que les États-Unis et la Chine « sont dans une logique de confrontation commerciale », sans respect des règles, dit-il.
Sur les minerais critiques et les terres rares, « la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle » et crée « des dépendances avec le reste du monde », estime-t-il. « Ce n’est pas ce que nous proposons », insiste le Président français. Défendant une « stratégie d’autonomie pour l’Europe comme pour l’Afrique » pour ne « pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu’il soit ».
Il prône une fois de plus une transformation de « l’architecture financière internationale », notamment afin de « mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés » en Afrique – son cheval de bataille avec son homologue kényan. Une thématique qui sera au menu du second jour du sommet à Nairobi, ce 12 mai 2026.



