Affaire Kieffer : un témoin dit savoir où se trouve le corps de Guy-André Kieffer

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Paris (© 2016 Afriquinfos)– Nouvelle avancée dans l’affaire du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, disparu en Côte d’Ivoire en avril 2004. Un nouveau témoignage, jugé crédible selon les enquêteurs, vient ébranler la mystérieuse affaire toujours irrésolue à ce jour.

D’Après Radio France, le juge d’instruction Cyril Paquaux qui se charge désormais du dossier en France a recueilli il y a quelques mois, le témoignage d’un Français vivant en Côte d’Ivoire. Ce dernier affirme savoir avec exactitude l’endroit où a été enterré Guy-André Kieffer : dans le sous-sol d’une maison au sud d’Abidjan.

La justice ivoirienne, accusée d’immobilisme sur la question, réagit

« Si ces fait avaient été connus plus tôt, la vérité aurait peut-être pu être connu plus tôt » a affirmé Bruno Koné, porte-parole du gouvernement ivoirien à notre correspondante, Valérie Bony.

Face aux accusations d’obstruction au travail de la justice française, les autorités ivoiriennes assurent soutenir la recherche de la vérité.

En effet, au micro de France Inter, Alexis Gublin, l’avocat de Bernard Kieffer (le frère du journaliste disparu), a déploré le blocage des fouilles de la maison dû à l’absence d’autorisation de la justice ivoirienne.

Un témoignage qui vient certes douze années après la disparition de Guy-André Kieffer, mais qui donne un véritable coup de pouce à l’enquête qui piétine depuis son ouverture. En effet, la justice française a qualifié de suffisamment crédibles les révélations du témoin au point de demander à son homologue ivoirienne une commission rogatoire pour des fouilles dans l’habitation désignée.

Seulement, les choses coincent car la justice ivoirienne n’aurait jusque-là pas réagi. « On a fait une demande d’acte auprès de la justice française. Les juges français ont délivré une commission rogatoire internationale. Il appartient donc à la justice ivoirienne de l’exécuter. Pour l’instant manifestement la justice ivoirienne ne fait rien alors que la France attend qu’elle participe à la manifestation de la vérité », a déploré au micro de France Inter l’avocat de la famille Kieffer, Alexis Gublin.

Réaction de la justice ivoirienne

le bureau du procureur ivoirien a réfuté toute intention de bloquer l’avancée de l’enquête. « Effectivement, les autorités ivoiriennes ont reçu une commission rogatoire pour la fouille du domicile présumé où serait enterré le journaliste Kieffer à Abidjan. Dans le document, le juge d’instruction français demande à assister personnellement, avec ses officiers de police judiciaire, à la perquisition », affirme le procureur de la République ivoirienne, Adou Richard, chargé d’exécuter la commission rogatoire.

« Le juge d’instruction ivoirien a bel et bien accepté la demande française mais a demandé à quelle date l’opération devait se tenir afin de prendre toutes les dispositions nécessaires. Jusqu‘à ce jour, nous sommes toujours en attente de cette date », ajoute-t-il, pointant toutefois que la commission rogatoire, censée être un document secret d’autorité judiciaire à autorité judiciaire, a été exposé au public.

La disparition de Guy-André Kieffer, imputé à la Première dame ivoirienne d’alors, Simone Gbagbo, demeure un dossier sensible entre la France et la Côte d’Ivoire. Le journaliste a été vu vivant pour la dernière fois le 16 avril, sur le parking d’un supermarché d’Abidjan.

Innocente Nice