Tigré: Le Comité du Nobel adresse des remontrances à Ahmed, Tedros clame plus de solidarité mondiale

Afriquinfos Editeur
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Addis Abeba (© 2022 Afriquinfos)- A défaut de pouvoir lui retirer son prix qui lui a été attribué en 2019, le Comité Nobel a interpellé le Premier Ministre éthiopien sur sa responsabilité afin de mettre un terme au conflit en Tigré. Pendant ce temps, les relations entre Addis Abeba et Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS se dégradent. Ce dernier qui réclame plus de solidarité mondiale envers le Tigré est pris en grippe par les autorités de son pays.

Dans une déclaration signée de sa présidente Reiss Anderson, le Comité Nobel appelle à la fin du conflit en Tigré. Elle indexe le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed en raison de sa «responsabilité particulière» en tant que lauréat du prestigieux prix afin qu’il «contribue à instaurer la paix».

Si le Comité Nobel n’envisage pas de retirer au Chef du Gouvernement son prix, elle rappelle que son attribution en 2019 résultait de la réconciliation de l’Ethiopie avec l’Érythrée et «des efforts et attentes légitimes qui existaient» à l’époque. Cette interpellation du comité norvégien a fait réagir les autorités d’Addis Abeba qui estiment plutôt que c’est son statut de lauréat qui a motivé sa décision de lancer une «offensive en novembre 2020 contre le Front de libération du Peuple du Tigré, pour «mettre fin au conflit lancé contre l’État par le TPFL» considéré par le Parlement comme organisation terroriste.

Une position à laquelle n’adhère pas forcément un de leur compatriote. Le Directeur Général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus réclame plus de solidarité internationale sur la situation au Tigré et accuse Addis-Abeba «de bloquer, depuis la mi-juillet 2021, la fourniture de médicaments et du matériel médical au Tigré.  L’OMS poursuivra ses appels au gouvernement éthiopien pour qu’il l’autorise à acheminer l’aide humanitaire au profit de 7 millions de personnes au Tigré, soumis à un “blocus de facto” de l’aide humanitaire», indique un communiqué.

Les autorités éthiopiennes qualifient pour leur part ces sorties du Directeur Général de l’OMS de «désinformation nuisible et de mauvaise conduite», au sujet de la guerre au Tigré. Pour le gouvernement éthiopien, Tedros Adhanom Ghebreyesus «s’est ingéré dans les affaires internes de l’Éthiopie, y compris dans les relations de l’Éthiopie avec l’État d’Érythrée».

Mieux, le gouvernement éthiopien ne s’en tient pas à cette accusation, puisqu’il allègue que le premier responsable de l’OMS, lui-même tigréen et ancien membre du TPLF, apporte un «soutien financier et technique» aux rebelles du Tigré, et pourrait même, par ses actes, porter préjudice à l’Organisation qu’il dirige en menaçant son intégrité.

Cette mésentente entre Addis-Abeba et son ancien ministre de la Santé, a fait perdre à ce dernier le soutien de son pays pour la prochaine élection à la tête de l’OMS prévue pour mai 2022. Mais le premier Africain à diriger l’organisation onusienne a pu compter sur le soutien d’autres pays en tête desquels l’Allemagne. Il est d’ailleurs seul candidat à sa succession.

Boniface T.