Washington Post livre des confidences de Lamine Zeine sur les fondements de la dénonciation de l’accord de défense Niamey-Washington

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Washington (© 2024 Afriquinfos)- Si le Niger a décidé de dénoncer l’accord de coopération militaire avec les Etats-Unis, c’est en raison  des «menaces» proférées par des officiels américains. Selon le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine, les choses ont tourné au vinaigre à l’issue d’un séjour dans le pays d’une délégation américaine, en mars dernier.

Dans un entretien accordé au Washington Post et diffusé sur Rfi, le Premier ministre nigérien de la transition a confié que, les autorités de Niamey ont pris ombrage des remarques de la secrétaire d’État adjointe aux affaires africaines Molly Phee. Alors qu’elle était en séjour en terre nigérienne en mars, elle a notamment menacé le Niger de sanctions, en cas d’accord pour vendre de l’uranium à l’Iran, a expliqué Mahamane Lamine Zeine.

« Lorsqu’elle a terminé, j’ai dit : « Madame, je vais résumer en deux points ce que vous avez dit. Premièrement, vous êtes venus ici pour nous menacer dans notre pays. C’est inacceptable. Vous nous dites avec qui nous pouvons avoir des relations, et vous le faites sur un ton condescendant » », a raconté Ali Mahamane Lamine Zeine, qui a mené les négociations avec les États-Unis. Il a également précisé que rien n’a été signé avec Téhéran.

Le Premier ministre nigérien reproche aussi aux Américains, qui ont suspendu leur coopération militaire après le coup d’État, d’être «restés sur le sol» nigérien «sans rien faire quand les terroristes tuaient les personnes et brûlaient les villes».

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Pourtant, indique-t-il, d’autres nations – comme la Russie, la Turquie ou les Émirats arabes unis – ont accueilli les nouveaux dirigeants nigériens à «bras ouverts». Selon le quotidien américain, Ali Mahamane Lamine Zeine se dit prêt à poursuivre les relations économiques et diplomatiques avec les États-Unis. En conclusion, le quotidien cite son appel: «Si des investisseurs américains arrivaient, nous leur donnerions ce qu’ils veulent, a-t-il raconté aux représentants du Département des affaires étrangères. Nous avons de l’uranium, nous avons du pétrole, nous avons du lithium. Venez, investissez, c’est tout ce que nous voulons».

La décision des nouvelles autorités nigériennes avait été annoncée en mars, quelques jours après le séjour dans le pays d’une délégation américaine. Des discussions sont en cours pour définir les modalités de retrait des soldats américains.

V. A.