Hier, Bernard Cazeneuve a dévoilé son plan de lutte contre le terrorisme. Celui-ci comprend différentes mesures, comme l’interdiction de sortie de territoire pour certaines personnes ou encore, une surveillance accrue d’internet, principal lieu d’endoctrinement et de radicalisation des candidats au jihad. Certains aspects de ce plan pourraient sembler excessifs pourtant, les révélations du Parisien de ce mercredi sur la préparation d’attentats terroristes en France montrent qu’il n’en est rien.
Ali M. est algérien. A 29 ans, il a deux enfants. Jusqu’à peu il tenait une boucherie halal dans le Vaucluse. Depuis un an, la prison est devenue son toit : il est poursuivi pour « association de malfaiteurs ». A la fin du mois de juin 2013, la police l’avait arrêté alors qu’il s’apprêtait à se rendre en Algérie. L’affaire était à l’époque passée inaperçue, faute d’éléments concrets à divulguer. Toutefois, mercredi, le Parisien a fait des révélations sur Ali M. et le rôle qu’il occupait au sein d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
Sur un site internet islamique, Ali M. s’appelait Abu Naji, un pseudo qui lui permettait de communiquer avec des dirigeants d’Aqmi et principalement Redouane18, un haut responsable. Grâce à un logiciel de cryptage et une messagerie spécialement dédiée à cette communication, le jeune homme échangeait des informations capitales avec le dirigeant. Les messages qu’ils ont échangés ont été découverts il y a un an, lors de l’arrestation d’Ali M. mais ils viennent seulement d’être décryptés. Le Parisien nous en a livré le contenu.
Ali M. a eu plusieurs missions pour Aqmi, gagnant peu à peu en grade et en responsabilités. Au tout début, Redouane18 lui demande d’identifier les cibles pour d’éventuelles attaques. Abu Naji fournit alors un rapport détaillé, expliquant qu’il faut viser « la population française modeste et paupérisée » tout en protégeant les musulmans. Il déconseille donc de cibler des centres commerciaux, indiquant qu’il est préférable de privilégier les bars, les marchés et les boites de nuits. Pour des actions de plus grande envergure, il estime que les patrouilles de police peuvent faire l’objet d’embuscade, et qu’une attaque contre une centrale nucléaire ou un avion au décollage est envisageable. Ce ne sont pas pour autant les cibles qu’il privilégie. Pour lui les monuments historiques comme la tour Eiffel et le musée du Louvre ou, les grands festivals constituent des cibles idéales car ils attirent chaque année des foules immenses. En conséquence, des petites actions peuvent faire beaucoup de victimes.
Une fois cette mission effectuée, Redouane18 lui demande de constituer un réseau de frères, qui n’auraient pas encore attiré les soupçons des autorités françaises mais seraient prêts à tout. D’après le Parisien, Abu Naji réussi alors à contacter « un frère de Bel Abbes ». C’est avec lui qu’il aurait dû partir en Algérie pour une dizaine de jours. Là, les deux hommes devaient recevoir une formation militaire incluant différents entrainements dont un aux techniques de combat. Ensuite, ils devaient rentrer en France et attendre les instructions. Cette situation visait à placer Abu Naji en chef d’un réseau sur le territoire français. Grâce à sa formation, il aurait été en mesure de passer des missions de repérage aux missions plus sérieuses…
Le jeune homme a été arrêté par la police quelques jours avant son départ pour l’Algérie. Selon son avocate, cette arrestation aurait été un véritable « soulagement » pour Ali M., un homme qu’elle décrit comme quelqu’un de faible, victime d’endoctrinement. Nul ne saura s’il serait passé à l’acte ou non s’il était parti en Algérie mais d’après ces récentes révélations, la France n’est pas passée loin d’un drame…



