Togo/Législatives du 25 juillet : Elections de "novices" et à gros enjeux

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Les youyous et les hourras de la campagne électorale lancée le 6 juillet dernier sont désormais des souvenirs. Tous ont désormais les yeux tournés vers le 25 juillet. Au Togo, généralement, c’est l’après-scrutin que redoutent aussi bien observateurs (étrangers et nationaux), votants que les autres citoyens.

Depuis la présidentielle hyper violente du 24 avril 2005, les grandes composantes de l’échiquier politique local aidées par la communauté internationale ont conjugué leurs efforts pour ne plus organiser de processus électoraux débouchant sur des différends meurtriers. Pourtant, la hantise de lendemains incertains après une joute électorale continue d’habiter l’esprit de beaucoup de Togolais jusqu’à la proclamation finale des résultats de tout jamboree électoral qu’abrite leur pays.

Pour le rendez-vous électoral de ce jeudi 25 juillet, les principaux acteurs du monde politique togolais se sont entendus in extremis pour ressortir les recettes qui ont permis de tenir des élections apaisées en 2007 et 2010. De quoi permettre la tenue dans la sérénité d’un scrutin déterminant sur la route de la présidentielle du premier trimestre 2015.

Pour le parti au pouvoir dont le manteau politique est passé du RPT (43 ans de parcours) à celui d’UNIR, les législatives de ce mois de juillet auront l’équivalence d’un baptême de feu et en même temps de referendum. Autour des nombreuses réformes enclenchées depuis mai 2005 dans plusieurs secteurs, sous la direction du jeune président Faure Gnassingbé. Les législatives de demain constitueront aussi le baptême électoral du principal concurrent d’UNIR dans la course au fauteuil présidentiel dans deux ans : l’ANC (membre de la Coalition « Sauvons le Togo ») de Jean-Pierre Fabre, née de la scission de l’ultra populaire UFC jusqu’à la présidentielle de mars 2010.

Pour la formation dirigée par l’ex-charismatique opposant Gil Olympio (UFC), le jamboree électoral de ce jeudi sera également une occasion de test de la survivance ou non de sa popularité. Par ailleurs, un autre vieux routier de la politique locale, le CAR, mesurera la portée de discours durant une élection sans son maître à penser à sa tête, l’ancien Premier ministre Agboyibo…  

Jeux ouverts a priori

Autant de paramètres qui laissent les jeux ouverts ce 25 juillet. Sans compter le poids grandissant de l’indifférence des Togolais à l’égard du débat politique, face au manque d’alternance politique depuis l’ouverture du débat démocratique dans les années 90. Ou encore mieux, les débuts de scores appréciables obtenus dans la région Maritime (qui abrite Lomé) par Faure Gnassingbé lors de la présidentielle de 2010, à l’opposé des raz-de-marée habituels décrochés par l’Opposition jusqu’en 2010 dans la même zone.

Les bookmakers de la politique togolaise devront en outre tabler sur les capacités de mobilisation et de séduction de la Coalition « Arc-en-ciel » (autre majeure tête d’affiche de l’Opposition). Cette dernière pourrait attirer vers elle le nombre de plus en plus croissant de Togolais qui ont grande envie de siffler la fin des sempiternelles querelles entre le parti au pouvoir à Lomé et ses opposants les plus farouches rassemblés dans « Sauvons le Togo ». Il en va de même pour des candidats indépendants crédibles ou encore le NET (Nouvel engagement togolais, dirigé par un ex-officier). Voire pour la revenante CPP (ancienne formation du Premier ministre Edem Kodjo) qui a décidé cette année de ne pas ratisser large, mais plutôt dans ses fiefs ; réels ou potentiels.

Un minimum de transparence dans la proclamation des vrais résultats qui sortiront des urnes permettrait de mieux soupeser l’assise politique des uns et des autres, mais surtout permettrait à la coalition ou formation qui obtiendrait la majorité absolue d’aborder la tête froide la présidentielle de 2015. En enclenchant notamment les nombreuses réformes (institutionnelles et constitutionnelles restées en suspens depuis 2006), si cette victoire porte l’estampille de l’Opposition. Par contre, si c’est UNIR qui arrache la même majorité, elle devrait se donner les moyens légaux de mieux cadenasser le jeu politique à l’approche de l’horizon 2015, en offrant un troisième mandat à Faure Gnassingbé.

Quelle que soit la configuration finale des résultats qui seront issus des consultations parlementaires de ce 25 juillet, la nouvelle Assemblée devrait retrouver la vivacité des débats politiques enflammés, aguichants, captivants mais bon enfant qui ont tant manqué aux Togolais des deux sexes au cours de la législature 2007-2012.

 

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