Lomé (© 2026 Afriquinfos)- Au Togo, plus de 1 500 prisonniers ont recouvré la liberté ce 31 décembre, à la faveur d’une grâce présidentielle accordée par le Président du Conseil, Faure Gnassingbé. La décision, annoncée le 30 décembre à l’issue du Conseil des ministres, s’inscrit dans une dynamique d’apaisement social et de désengorgement des établissements pénitentiaires.
Parmi ces personnes graciées, figurent : Sokpor Sitsopé Honoré, alias Affectio, incarcéré depuis janvier 2025, Grâce Koumayi, sage-femme d’État interpellée le 3 octobre 2025, et Amavi Katanga, arrêtée le 22 novembre 2025, ont recouvré leur liberté. Ces personnes étaient poursuivies pour atteinte à la sécurité intérieure de l’État, outrage à l’autorité et diffusion de fausses informations.
De même, Kpatcha Gnassingbé, ancien ministre de la Défense et demi-frère de l’actuel Président du Conseil, a recouvré sa liberté après plus de seize années de détention pour atteinte à la sûreté de l’État.
Parmi les libérés figurent également 27 détenus liés à l’affaire dite « Tigre Révolution », accusés d’atteinte à la sûreté de l’État dans le cadre des manifestations politiques de 2017. Abdoul Aziz Goma, citoyen togolais-irlandais arrêté à Lomé en 2018, a également été libéré.
Pour le gouvernement togolais, ce geste s’inscrit dans la volonté de favoriser la réconciliation nationale et de créer les conditions d’un climat politique plus apaisé en 2026.
« Il ne s’agit ni d’impunité, ni de faiblesse face à des crimes graves. Il s’agit plutôt d’éviter que des erreurs ou des moments d’égarement deviennent des destins brisés. Il s’agit, surtout, de permettre à notre pays de regarder de l’avant », a déclaré le Président du Conseil, Faure Gnassingbé.
La mesure étendue également aux détenus âgés en fin de peine ainsi qu’aux personnes souffrant de maladies graves, traduisant une prise en compte des situations individuelles et humanitaires.
Pour le gouvernement, cette initiative vise plusieurs objectifs majeurs. Il s’agit, d’une part, d’apporter un soulagement et de la joie aux familles des bénéficiaires durant la période des fêtes et, d’autre part, d’offrir une seconde chance aux anciens détenus en facilitant leur réinsertion sociale.
Au-delà de son caractère humanitaire, cette décision contribue également à la lutte contre la surpopulation carcérale, un défi structurel auquel sont confrontés les établissements pénitentiaires du Togo.
Cette grâce présidentielle de grande ampleur s’inscrit ainsi dans une dynamique de clémence et de régulation du système pénitentiaire, en fin d’année 2025.
V.A.



