Togo : manifestation contre le retrait de fréquences de deux médias

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Lomé (© 2017 Afriquinfos) –Des centaines de personnes, dont des journalistes, ont manifesté mardi dans les rues de la Capitale Togolaise, Lomé pour protester contre le retrait de fréquences de deux médias privés qui émettent depuis 10 ans, a rapporté un journaliste de l’AFP.

En effet, le 6 février dernier, les fréquences de La Chaîne du Futur (LCF) et de la radio City FM, ont été retirées par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication au Togo (Haac), pour raison de n’avoir pas rempli les « formalités préalables d’autorisation » selon l’autorité de régulation.

Les manifestants ont parcouru pendant plus de deux heures des artères de la capitale togolaise sous la surveillance des forces de sécurité, à l’appel de treize organisations de la société civile. La marche s’est déroulée sans incident.

« La décision de la Haac est illégale. C’est une restriction de la liberté d’expression. Nous exigeons la reprise immédiate et sans conditions des activités des deux médias », a déclaré à l’AFP Emmanuel Sogadji, président de la Ligue des consommateurs du Togo (LCT). « Nous recommandons à la Haac de garantir et d’assurer la liberté et la protection de la presse et des autres moyens de communication, conformément à la Constitution ».

Mathias Ayena, deuxième rapporteur de la Haac, avait pour sa part déclaré que LCF et la radio City FM, qui appartiennent au groupe Sud Média, « n’ont obtenu aucune autorisation préalable avant de commencer à émettre en 2007 ».  « Nous demandons simplement aux responsables de ces organes de faire une demande en bonne et due forme et nous allons analyser », avait-il ajouté.

Les responsables du groupe Sud Média ont jugé la démarche de la Haac “illégale”, assurant que ‘’toutes les démarches” avaient été effectuées pour soumettre le dossier. « Nous avons saisi la Cour suprême, la Haac ayant violé les textes qui la régissent », a confié Luc Abaki, directeur général du groupe Sud Media. « Nous ne voulons pas défier l’autorité de régulation, raison pour laquelle nous avons suspendu nos émissions ».

Les deux médias ont cessé d‘émettre depuis le 7 février, quelques heures après la décision de la Haute autorité.

Pour sa part, l’ONG Amnesty International a dans un communiqué, dénoncé « une attaque contre la liberté d’expression », estimant cette « sanction disproportionnellement lourde au vu des faits reprochés ».

Plusieurs associations de journalistes au Togo ont aussi condamné la décision de Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication, qui selon elles, « réduit l’espace de liberté et porte atteinte à la pluralité ainsi qu‘à la diversité du paysage médiatique togolais ».

En 2013, la Haac avait déjà fermé plusieurs médias, notamment la radio Légende FM pour « multiples dérapages », affirmant qu’elle diffusait de fausses informations durant les législatives.

Innocente Nice