Togo: Les artistes crient haro sur leur quotidien de plus en plus précarisé 

Afriquinfos Editeur
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Des équipements d'artistes (DR)

Lomé (© 2026 Afriquinfos)-Les artistes togolais sont montés au créneau ce mercredi 25 février, pour lancer un puissant appel aux autorités dénonçant ce qu’ils qualifient de ‘’mise à mort de leur filière’’. Devant la presse à Lomé, et sous l’égide de la Fédération togolaise de musique (FTM), professionnels de la musique, du théâtre et des arts visuels ont dressé un diagnostic sans concession de la situation de leur secteur.

La FTM a évoqué un diagnostic sans concession de la situation du secteur culturel au Togo. Les maux sont nombreux et profonds :

Absence de mécanismes de financement opérationnels : les promesses restent souvent lettre morte

Fermeture progressive des espaces culturels : les lieux de création et de diffusion disparaissent

Obsolescence des textes juridiques : les lois encadrant la profession datent d’un autre âge

Précarité sociale grandissante : sans statut officiel, les artistes sont des travailleurs invisibles.

’Depuis plus de cinq ans, nous sommes engagés dans un processus de restructuration, mais il ne s’agit que d’un éternel recommencement’’, a déploré Ariel Dassanou, président de la fédération, martelant que ‘’la culture n’est pas un luxe’’.

.La fédération évoque des cas poignants de créateurs gravement malades, sans couverture sociale, sans moyens de se soigner. D’autres, découragés, ont choisi l’exil pour tenter de vivre de leur art ailleurs.

 ‘’Quand un artiste ne peut pas se soigner, quand un créateur est contraint à l’exil, c’est toute la nation qui s’appauvrit’’, alerte la fédération.

Dans un communiqué publié à l’issue de la conférence de presse, la FTM a formulé plusieurs revendications précises :

Mise en place effective du Fonds national de promotion culturelle, avec des appels à projets transparents

Transposition dans la loi de la directive communautaire sur la rémunération pour copie privée

Réforme urgente de la loi sur les droits d’auteur, jugée inadaptée à l’ère numérique

Création d’un statut social pour les artistes (protection sociale, retraite, santé)

Mise en place d’un cadre permanent de dialogue avec l’État

Les artistes ont par ailleurs précisé que leur démarche n’est aucunement une opposition frontale aux pouvoirs publics, mais une demande de concertation structurée et responsable.

V.A.