Togo/Affaire Gnakadè: Plusieurs écuries politiques réagissent à son interpellation

Afriquinfos Editeur
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Marguérite Gnakadé
Mme Marguérite Gnakadé (DR-Me ATSOO Darius )

Lomé (© 2025 Afriquinfos)-  Des réactions fusent de  partout au Togo depuis l’arrestation de Marguerite Gnakadé, l’ancienne ministre des Armées et figure récemment critique du régime de Faure Gnassingbé ce 17 septembre 2025. Plusieurs partis politiques et entités du pays ont ainsi émis leurs indignations dans cette affaire et exigent la libération immédiate de Mme Gnakadé.

Dans les milieux politiques, les réactions se multiplient. Kafui Adjamagbo Johnson, de la coalition d’opposition DMP, Dynamique pour la majorité du peuple, se dit bouleversée par cette arrestation, dénonçant une atteinte à la liberté et appelant à la libération immédiate de l’ancienne ministre.

« L’arrestation de Mme Gnakadé suscite pour nous une grande indignation, parce que cette arrestation est la conséquence des critiques virulentes qu’elle porte contre le régime depuis ces derniers mois. En plus, cette arrestation est complètement illégale parce qu’elle a été faite sans mandat. Mais nous ne sommes pas surpris en réalité, parce que depuis ces dernières semaines, nous assistons à une vague d’arrestations des jeunes, des arrestations préventives« , a déclaré Nathaniel Olympio, porte-parole de ce mouvement, au micro de la DW.

« En fait, le régime est tellement acculé en ce moment, avec la désapprobation, avec l’engagement des jeunes qui contestent la gouvernance, que la seule solution que le pouvoir en place apporte aujourd’hui, c’est la répression. »

le Front « Touche pas à ma Constitution », l’Alliance nationale pour le changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre, et le Pacte socialiste pour le renouveau (PSR) de Prof Komi Wolou, ont également réagi.

Dans un communiqué publié le 18 septembre, l’ANC dénonce ‘’l’enlèvement’’ de l’ancienne ministre par des ‘’éléments encagoulés relevant de la force publique’’. Le parti d’opposition exige sa libération ‘’immédiate et sans condition’’, ainsi que celle de  ‘’tous les détenus politiques, y compris les jeunes kidnappés ces derniers mois’’. Jean-Pierre Fabre accuse le régime RPT-UNIR de gouverner « hors-la-loi » et de piétiner les instruments juridiques nationaux et internationaux.

Le message de l’ANC se veut clair : Marguerite Gnakadé, qui s’est récemment muée en voix critique du pouvoir, paye le prix de ses prises de position. Depuis mai 2025, l’ancienne proche de Faure Gnassingbé dénonce publiquement la gouvernance du chef de l’État et appelle à un « sursaut national ». Une attitude qui, selon l’ANC, expliquerait son arrestation.

Le parti Forces Démocratiques pour la République (FDR) dénonce avec vigueur l’arrestation jugée arbitraire de l’ancienne ministre de la Défense, Marguerite Gnakadé. Pour le FDR, cette interpellation illustre la dérive autoritaire du régime de Faure Gnassingbé et confirme sa volonté de museler toute voix dissidente. Le parti appelle à la libération immédiate de l’opposante et exhorte la communauté nationale et internationale à se mobiliser contre cette répression.

 »Madame Marguerite Gnakadé a été enlevée manumilirari de son domicile à Lomé par les éléments du GIPN sans mandat. Aujourd’hui, ce fut le tour de son fils Jonathan Gnassingbé d’être embarqué. », a également dénoncé l’Association des Victimes de la Torture au Togo. Lutte contre la torture au Togo, (ASVITO).

Le PSR de son côté parle d’une « confirmation de la nature du régime, sourd et indifférent aux souffrances du peuple ». Pour Wolou Komi, le Togo ne pourra avancer qu’avec une gouvernance « débarrassée des intérêts égocentriques ».

 « L’avenir, la prospérité du Togo, le mieux-être des citoyens ne dépendent pas du nombre d’arrestation mais d’un sursaut d’ambition, d’une vision, d’une autre gouvernance, clairvoyante et débarrassée des intérêts égocentriques nocifs à la patrie, le Togo a besoin d’avancer », écrit le professeur de droit dans les universités du Togo.

Le parti socialiste appelle lui aussi à la libération immédiate de Gnakadé et de l’ensemble des détenus politiques, tout en invitant le pouvoir à un ‘’acte de contrition’’ envers les Togolais.

Malgré cette vague d’indignation, le gouvernement togolais, n’a pour l’heure donné aucune explication officielle sur l’arrestation de l’ex-ministre.

L’ancienne ministre des Armées avait publié, ces derniers mois, plusieurs tribunes dans lesquelles elle dénonçait la gestion du chef de l’État togolais, Faure Gnassingbé, qui est au pouvoir depuis 2005.

« Elle a été interpellée pour des faits graves, dont sa dernière sortie à visage découvert incitant les militaires à la rébellion et à prendre leurs responsabilités« , a déclaré à l’AFP une source policière.

Selon des sources, Marguerite Gnakadé est soupçonnée d’incitations à la désobéissance au sein de l’armée. Des accusations lourdes, qualifiées de menaces pour

Elle apparaît de plus en plus comme un symbole des fractures politiques qui traversent le pays, entre un pouvoir accusé de dérives autoritaires et une opposition en quête de nouveaux leviers de mobilisation.

Conduite dans un premier temps à la Direction centrale de la police judiciaire, Marguerite Gnakadé, ancienne ministre des Armées du Togo et belle-soeur de Faure Gnassingbé, n’a plus reparu publiquement depuis le 17 septembre dernier.

Ni communiqué officiel, ni précision de la justice. Le silence des autorités entretient les spéculations.

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