N’Djaména (© 2026 Afriquinfos)-Alors qu’elle s’apprêtait à descendre dans les rues le 2 mai prochain pour manifester, la principale coalition d’opposition au Tchad, le Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), a vu 9 leaders au sein de ses rangs être arrêtés le samedi 25 avril et placés en garde à vue.
Selon le porte-parole du mouvement, ces responsables politiques étaient toujours détenus dimanche dans les locaux de la police judiciaire. Une source sécuritaire a confirmé leur placement en garde à vue.
Le GCAP, qui rassemble 13 partis et des acteurs de la société civile, s’est imposé ces derniers mois comme la principale voix de contestation du régime.
Une marche interdite par les autorités
Ces arrestations interviennent dans un contexte particulièrement tendu. La coalition avait appelé à une “marche de protestation et d’indignation” prévue le 2 mai, en vue de dénoncer “l’injustice, l’exclusion” et réclamer le rétablissement des libertés publiques’’.
Mais le gouvernement a interdit la mobilisation. Vendredi, le ministre de la Sécurité publique a annoncé la dissolution pure et simple du GCAP, invoquant un trouble à l’ordre de la Cour suprême.
Cette séquence s’inscrit dans une dynamique plus large de durcissement du pouvoir.
Depuis la réforme constitutionnelle adoptée en octobre, le mandat présidentiel au Tchad est fixé à sept ans, renouvelable sans limite. Une évolution dénoncée par l’opposition comme une dérive autoritaire ouvrant la voie à un maintien prolongé au pouvoir du président Mahamat Idriss Déby Itno.
Le GCAP était jusqu’ici la seule plateforme politique à contester frontalement les scrutins et à appeler au boycott.
Le parti Les Transformateurs a vivement réagi, dénonçant des arrestations qui illustrent, selon lui, une dérive inquiétante.
Dans un communiqué, la formation évoque un climat où “l’arbitraire ne doit pas devenir la règle”, établissant un parallèle avec le cas de son leader Succès Masra.
Ancien Premier Ministre, celui-ci est détenu depuis mai 2025 et condamné à 20 ans de prison pour “incitation à la haine”, dans un procès qualifié de politiquement motivé par des ONG internationales.
Des voix s’élèvent également au sein de la société civile. Le défenseur des droits humains Makaila N’Guebla a exigé la “libération immédiate et sans condition” des responsables arrêtés.
Il appelle la communauté internationale à réagir face à ce qu’il décrit comme une dégradation continue de la situation des droits humains dans le pays.
Ancien conseiller à la présidence tchadienne, aujourd’hui en exil, il critique ouvertement la gouvernance actuelle.
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