Tchad: Des désertions silencieuses au sein de Boko Haram qui font mal…

Afriquinfos
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N’Djamena (© Afriquinfos 2016) – Depuis plusieurs semaines, la région du lac Tchad, enregistre des redditions d’éléments de Boko Haram en provenance du Nigeria. Ces désertions sont dues à une stratégie militaire qui a consisté à bloquer toutes les sources d’approvisionnement des islamistes.

«C’était difficile. Les conditions de vie étaient terribles. Nous avons marché plus de vingt-quatre heures avant d’arriver à Bargaram. C’est de là que nous avons lancé des SOS. Et l’armée est venue nous chercher pour nous transporter jusqu’à Ngouboua», a affirmé un membre  des déserteurs  qui a requis l’anonymat. Il fait partie des populations (des dizaines de femmes, d’hommes et d’enfants) de la région du lac Tchad enrôlées dans la secte islamiste.

Ce sont au total plus de 500 personnes qui ont fui Boko Haram depuis le mois de juillet dernier. Et selon les autorités tchadiennes, il faut s’attendre aussi à d’autres abandons dans le camp de la secte islamiste. «C’est compliqué de s’enfuir. S’ils apprennent que vous voulez fuir, ils vous tuent. C’est Dieu qui nous a ouvert les portes», explique une autre femme sous l’anonymat. Elle a révélé comment il est difficile pour eux de s’enfuir du camp. Selon elle, il faut faire discret sinon, si les membres de Boko Haram détectent des velléités de fugue, ils n’hésitent pas à tuer.

«Nous avons noué des contacts avec la population pour avoir des localités les plus décentes, qui ne jouent pas sur le moral de la population, parce que Boko Haram est revenu et pour qu’eux également (Boko Haram) qu’ils ne soient pas gênés, parce que nous pouvons être l’objet d’attaques de la population», explique le préfet de Bagassola qui essaie avec les autorités locales de favoriser le retour des déserteurs…

Il est à noter que le Tchad est souvent objet d’attaques de Boko Haram depuis que le pays s’est engagé dans la guerre contre la secte fondamentaliste qui s’est établie au Nigeria. Une position de l’armée tchadienne a été attaquée dans la nuit de samedi à dimanche 25 septembre dernier. L’attaque s’était produite à Kaïga (près de la frontière avec le Niger) et avait fait quatre  (04) morts et six (06) blessés.

Selon des sources sécuritaires tchadiennes, c’était dans le but  de couper une piste de ravitaillement aux islamistes que les militaires tchadiens les ont obligés à sortir de leur cachette (îles abandonnées), une région hostile, aux confins de la rive nord du lac Tchad, près du Niger à partir de laquelle ils viennent s’approvisionner dans les villages. L’accrochage n’a pas duré mais selon une source, «l’ennemi a abandonné sept corps sur le terrain». Les pays riverains du lac Tchad (Nigeria, Tchad, Niger, Cameroun) auxquels s’est associé le Bénin, ont mis en place une force pour lutter contre Boko Haram. Ils ont infligé de sérieuses défaites à la secte jihadiste qui a été contrainte d’abandonner certaines de ses bases nigérianes.

 Anani  GALLEY