Samia Suluhu Hassan a été investie ce 03 novembre 2025 Présidente de la Tanzanie, où l’internet reste coupé depuis les manifestations réprimées dans le sang contre son élection, l’opposition évoquant au moins 800 morts.

De premières photos et vidéos de cadavres, parfois empilés les uns sur les autres, mais aussi d’hommes en uniforme usant de leur arme à feu, commencent à apparaître sur les réseaux sociaux. Le service de fact-checking de l’AFP a pu vérifier que certaines d’entre elles n’avaient jamais été postées auparavant. Plusieurs éléments montrent qu’elles ont été prises en Tanzanie.
Un porte-parole du principal parti d’opposition, Chadema, a estimé ce 31 octobre qu’au moins 700 manifestants hostiles au régime ont été tués en Tanzanie en trois jours! Un chiffre estimé crédible par une source sécurité, qui a alors mentionné « des centaines de morts« . Le samedi, 1er novembre, ce porte-parole, John Kitoka, a ensuite fait état d’au moins 800 tués.
Des informations crédibles corroborent l’idée que des centaines, et peut-être même des milliers de personnes ont été tuées lors des violences électorales, a de son côté estimé une source diplomatique interrogée par l’AFP. D’après des « rapports préoccupants« , la Police utilise également le blocage d’internet pour « traquer les membres de l’opposition et les manifestants qui pourrait avoir des vidéos » de ses atrocités, a poursuivi cette source. Les écoles restent fermées ce 03 novembre dans ce pays d’Afrique orientale, et les transports publics à l’arrêt. La capitale économique Dar es Salaam et les principales villes du pays ont retrouvé un peu de calme depuis le week-end écoulé.
Dimanche, 02 novembre 2025, le Pape Léon XIV a indiqué prier « pour la Tanzanie » et évoqué les « nombreuses victimes » des affrontements ayant éclaté après les élections. L’élection présidentielle 2025 était couplée avec les législatives. Les autorités tanzaniennes nient toute violence. « Il n’y a eu aucun usage excessif de la force« , a affirmé le ministre tanzanien des Affaires étrangères Mahmoud Thabit Kombo. « Je n’ai pas vu ces 700 morts« . Le Secrétaire Général de l’ONU Antonio Guterres a réclamé ce 31 octobre une « enquête minutieuse et impartiale sur les accusations d’utilisation excessive de la force« .
Chadema a été exclu des élections et avait appelé au boycott du scrutin. Son chef Tundu Lissu, arrêté en avril 2025, est jugé pour trahison, une accusation passible de la peine capitale. Luhaga Mpina, candidat à la présidentielle de l’ACT Wazalendo, autre parti d’opposition, a, lui, été disqualifié.
Amnesty international avait dénoncé une « vague de terreur » marquée par « des disparitions forcées, des arrestations arbitraires, des actes de torture et (…) des exécutions extrajudiciaires » avant le scrutin.
© Afriquinfos & Agence France-Presse



