Le succès économique de l’Afrique du Sud est annulé par l’ampleur de ses inégalités

Afriquinfos Editeur
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Le coefficient Gini, mesure reconnue à l'échelle internationale pour jauger les inégalités de revenu, s'élève à 0,70 en 2008, ce qui est le niveau le plus élevé au monde, montrant que les inégalités se sont aggravées depuis la chute de l'apartheid, indique ce rapport.

Les 10% les mieux lotis de la population amassent 58% du revenu de l'Afrique du Sud, tandis que les 10% les moins favorisés représentent seulement 0,5% de ce revenu, et les 50% inférieurs représentent moins de 8% du total, indique ce rapport.

Le rapport montre du doigt deux facteurs au coeur de ce problème d'inégalités.

Le premier facteur est l'incapacité de l'économie à générer suffisamment d'emplois.

La faible croissance de l'emploi résulte d'un certain nombre de facteurs relatifs à l'offre et à la demande, y compris la taille modeste de la croissance économique et les modes de production de plus en plus marqués par une forte intensité capitalistique et une orientation sur les postes à compétence élevée ; les rigidités du marché du travail en termes de salaire réel, dues en partie à la réglementation du travail et au pouvoir des syndicats; les faibles niveau d'éducation, d'entreprenariat et de compétences, explique ce rapport.

Le taux de chômage du pays s'élève à 25,2%, ou 33% si l'on y inclut les sans-emploi découragés qui ont cessé de chercher du travail, soit l'un des taux les plus élevés au monde.

Le second facteur réside dans les schémas de séparation qui perpétuent les divisions et l'exclusion de l'ère de l'apartheid. Dans ce schéma, les faubourgs, anciennes terres natales et implantations informelles de la population noire regroupent près de 40% des Sud-Africains, et une part bien plus grande encore des chômeurs.