Steeve Rouyar, ce détenu Français ayant enfin quitté Lomé

Afriquinfos Editeur
3 Min de Lecture
Steeve Rouyar (DR)

Paris (© 2026 Afriquinfos)- Steeve Rouyar, un Français arrêté en juin 2025 au Togo en marge d’une manifestation et accusé notamment d’ ‘’atteinte à la sûreté de l’État’’, a été libéré et est arrivé en France jeudi 1er janvier 2026 au matin, a indiqué à l’AFP le ministère français des Affaires étrangères.

Une « décision de la justice togolaise » a permis sa libération, a précisé le Quai d’Orsay, sans faire de commentaire sur le fond de l’affaire, au motif qu’il s’agit « d’une affaire judiciaire individuelle ».

Steeve Rouyar, expert-comptable de 44 ans, père de deux enfants, originaire de Guadeloupe et installé au Togo depuis novembre 2024, avait été arrêté le 6 juin dans la capitale togolaise.

Le parquet de Lomé avait dit qu’il faisait partie d’une cinquantaine de « manifestants » arrêtés ce jour-là, après une rare manifestation dans ce pays d’Afrique de l’Ouest tenu d’une main de fer par Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 20 ans.

La jeunesse était descendue dans la rue pour protester contre l’arrestation de voix critiques, la hausse du prix de l’électricité et surtout la nouvelle constitution, qui permet au dirigeant togolais de se maintenir au pouvoir sans limite de mandats.

Selon une source ayant accès au dossier, sollicitée en septembre, Steeve Rouyar était poursuivi pour troubles à l’ordre public aggravés, faits qu’il avait reconnus devant un juge d’instruction, pour lesquels il risquait un à cinq ans d’emprisonnement. Mais aussi pour le chef d' »atteinte à la sûreté de l’État », ce qu’il niait, puni de 20 à 30 ans d’emprisonnement.

Le Français aurait notamment participé à la fabrication de tracts, avant d’être arrêté lors d’un rassemblement et détenu au Service central de recherche et d’investigation criminelle (Scric), avait affirmé la même source. Son frère assurait de son côté ne pas savoir « dans quelle mesure » Steeve Rouyar avait « pris part au mouvement », même s' »il devait avoir une sensibilité pour ce qui se passait » au Togo.

Un total de 1 511 prisonniers ont été graciés mercredi 31 décembre, a annoncé le conseil des ministres togolais dans un communiqué. C’est un acte courant en fin d’année de la part du président Gnassingbé. La liste des personnes graciées n’a pas encore été publiée.

Afriquinfos