La compagnie aérienne Sky Mali a annoncé la suspension temporaire de ses vols domestiques à destination du nord et du centre du Mali, où des groupes armés ont mené ce 25 avril des attaques sans précédent visant la Transition malienne.
« Sky Mali vous informe que les vols à destination et en provenance de Gao et Mopti sont temporairement suspendus », annonce un communiqué de la compagnie dans la nuit de lundi à ce 28 avril. « La sécurité de nos passagers, de nos équipages et de nos opérations demeure notre priorité absolue », ajoute la compagnie. Le Mali est plongé dans une situation sécuritaire critique après cette série d’attaques coordonnées lancées par des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, allié à Al-Qaïda) et la rébellion indépendantiste touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA).
La ville de Gao est située dans le nord du pays, à environ 350 km au sud de la ville de Kidal, qui est désormais passée sous le contrôle rebelle après ces attaques du 25 avril. Le FLA revendique avoir pris le contrôle de plusieurs positions dans la région de Gao. Le centre du Mali, où se trouve la ville de Mopti, a aussi été attaqué et la situation sécuritaire y restait confuse ce 28 avril. Dans la matinée de ce 28 avril, un calme précaire régnait dans la capitale Bamako, a constaté un correspondant de l’AFP.
Lundi soir, deux fortes détonations avaient été entendues près de la zone aéroportuaire en périphérie de Bamako, avait constaté l’AFP. La situation était ensuite revenue au calme. Il n’a pas été possible dans l’immédiat d’identifier l’origine de ces détonations. « Nous nous demandons toujours ce que c’était. Ce n’était pas des échanges de tirs, et les détonations provenaient du côté de la base 101 de l’aéroport », a déclaré un habitant à l’AFP. Cette base 101 de l’Armée de l’air avait été visée samedi par les attaques des groupes armés.
Un avion de l’Armée de l’air a passé toute la nuit de lundi à mardi en mouvement, au-dessus de la zone aéroportuaire, a constaté l’AFP. Dans la matinée de ce 28 avril, le bruit de drones de surveillance, toujours dans la même zone, était entendu. « Nous avons entendu des détonations et des coups de feu la nuit, mais cela n’a pas duré », a témoigné auprès de l’AFP un autre habitant.
La Transition malienne se trouve dans une situation critique et sans précédent depuis le coup d’Etat de 2020: le ministre de la Défense Sadio Camara a été tué, et le général Assimi Goïta, chef de la junte, n’a pas été vu et n’a pas pris la parole depuis le début des hostilités dans la journée du 25 avril.
© Afriquinfos & Agence France-Presse



