Sénégal: Qu’est-ce qui diffère Ahmadou Al Aminou Lô de son prédécesseur Ousmane Sonko?

Sonko, désormais ex-Premier Ministre sénégalais a quant-à-lui été élu ce mardi 26 mai Président de l'Assemblée nationale, quatre jours après avoir été limogé par Bassirou Diomaye Faye.

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Sénégal: Qu'est-ce qui diffère Ahmadou Al Aminou Lô de son prédécesseur Ousmane Sonko?
Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô (photo, DR).

Dakar (© 2026 Afriquinfos)- Le Sénégal dispose d’un nouveau Chef de Gouvernement depuis ce lundi 25 mai. Il s’agit du technocrate Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, un ancien de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest. Il aura pour mission de conduire le Gouvernement en remplacement d’Ousmane Sonko, selon un décret lu à Télévision publique.

Le Président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a porté son choix sur ce profil peu exposé politiquement mais bien connu des milieux financiers : Ahmadou Al‑Aminou Lo. Une nomination qui marque un tournant dans l’équilibre du pouvoir exécutif et semble traduire une volonté de miser sur la stabilité économique dans un contexte politique particulièrement sensible.

M. Lô a été secrétaire général dans le premier gouvernement formé par M. Faye, au pouvoir depuis avril 2024, avant d’être nommé ministre. ‘’Le Sénégal est un pays sûr et viable’’, a affirmé dans sa première déclaration le successeur d’Ousmane Sonko. ‘’Il ne s’agit pas d’un changement de cap mais de méthode’’, a-t-il ajouté, citant la droiture, la transparence et ‘’la souveraineté économique et culturelle’’ parmi les fondements de son action, autant de mantras en vogue sous M. Sonko.

Loin des grandes tribunes partisanes, Ahmadou Al-Aminou Lo s’est construit une carrière dans les institutions monétaires ouest-africaines. Ancien élève du Prytanée militaire de Saint-Louis, il a surtout fait l’essentiel de son parcours à la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) où il s’est progressivement imposé comme un spécialiste des politiques monétaires et de la gouvernance financière.

Au sein de l’institution, il a occupé plusieurs fonctions stratégiques, notamment celle de directeur national de la BCEAO pour le Sénégal entre 2018 et 2023, avant d’exercer des responsabilités de coordination plus larges comme secrétaire général. Dans les cercles économiques régionaux, son profil est souvent décrit comme celui d’un homme de dossiers, discret mais rigoureux, davantage habitué aux arbitrages techniques qu’aux affrontements politiques.

Sa nomination intervient dans un moment charnière pour le Sénégal. Le départ d’Ousmane Sonko, figure centrale du projet porté par le tandem au pouvoir depuis 2024, a profondément rebattu les cartes politiques. En choisissant un haut cadre du secteur financier, Bassirou Diomaye Faye semble envoyer un signal de continuité institutionnelle et de maîtrise des enjeux économiques, alors que le pays fait face à des attentes sociales fortes et à un débat permanent sur les réformes promises.

Sur certaines questions majeures, Ahmadou Al-Aminou Lo a déjà laissé entrevoir sa ligne de pensée. Dans ses interventions passées, il s’est notamment exprimé sur le débat autour du franc CFA, défendant la stabilité monétaire assurée par le système actuel, tout en reconnaissant les interrogations récurrentes autour de la souveraineté économique. Des positions qui pourraient nourrir les discussions, notamment avec une partie de l’opinion et des soutiens historiques du pouvoir favorables à une rupture plus affirmée avec certains mécanismes économiques hérités.

À la Primature, le nouveau chef du gouvernement devra désormais composer avec un double défi : rassurer sur la conduite des affaires économiques et gérer les attentes politiques nées des récents bouleversements au sommet de l’État. Derrière cette nomination se dessine aussi une interrogation plus large : celle de l’orientation que souhaite donner le pouvoir sénégalais après la séquence Sonko.

Sonko, désormais ex-Premier Ministre sénégalais a quant-à-lui été élu ce mardi 26 mai Président de l’Assemblée nationale, quatre jours après avoir été limogé par Bassirou Diomaye Faye. Il revient donc en force au Parlement, élu par tous les membres du Pastef, malgré ses divergences avec le Président Bassirou Diomaye Faye issu du même parti.

Le nouveau chef de l’Assemblée nationale a été longuement applaudi par les députés de son parti qui détient 130 des 165 sièges du Parlement. Il remplace El Malick Ndiaye qui avait démissionné ce 24 mai.

V.A.