‘Sahel Relance’ pour le Tchad et la Mauritanie, une bouée pour la résilience régionale

Afriquinfos Editeur
3 Min de Lecture

Nouakchott (© 2025 Afriquinfos)- La Mauritanie et le Tchad ont lancé officiellement le 22 juillet 2025 à Nouakchott le projet régional «Relance du Sahel», une initiative destinée à renforcer l’accès à l’éducation des jeunes marginalisés dans les zones rurales et défavorisées. Ce programme s’inscrit dans une dynamique régionale soutenue par la Banque mondiale et l’Allemagne.

Le projet financé à hauteur de 137 millions de dollars américains, bénéficie à la Mauritanie pour 72,32 millions de dollars, incluant un prêt concessionnel de 44 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA) et une subvention allemande de 12,9 millions de dollars.

L’ensemble du projet repose sur 3 piliers: améliorer la gouvernance éducative, l’élargissement de l’accès à une éducation innovante et la mise en place d’un système de suivi et d’évaluation, garantissant la qualité des enseignements et des résultats.

Le projet vise surtout les jeunes qui ont abandonné le système scolaire ou qui n’ont jamais eu accès à l’école. Ils seraient 850.000 jeunes dont 50% de filles à devoir bénéficier de ce projet élargi aux populations nomades et réfugiées. Les représentants des deux pays à la cérémonie inaugurale ont rappelé l’engagement de leurs gouvernements respectifs. Ainsi pour le ministre mauritanien de l’Économie et des Finances, Sidi Ahmed Ould Bouh, ce projet cadre avec la vision du Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani qui œuvre pour une «école républicaine», inclusive et fondée sur les valeurs de citoyenneté et de diversité.

La ministre tchadienne déléguée à l’Économie et à la Planification, Fatima Haram, quant à elle, a déclaré que ce projet constitue une réponse politique et morale à l’urgence éducative, tout en réaffirmant l’engagement de son pays à améliorer la gouvernance du secteur.

Le projet projette un dispositif d’école ouverte combinant enseignement numérique et présentiel, destiné à toucher jusqu’à 850.000 jeunes déscolarisés, nomades ou réfugiés. Dans des contextes où les systèmes éducatifs sont mis à rude épreuve, avec un taux de décrochage scolaire supérieur à 50% au Tchad et une pauvreté d’apprentissage élevée selon la Banque mondiale, le projet entend élargir l’accès à une éducation flexible, adaptée aux contraintes sociales et géographiques.

En misant sur une approche multisectorielle intégrant numérique, infrastructures, formation professionnelle et équité de genre, ce programme se veut inclusif et orienté vers l’autonomisation des jeunes. L’initiative traduit une volonté politique forte de mutualiser les réponses aux défis communs. Pour les Gouvernements partenaires, il s’agit d’unir leurs efforts face à l’urgence éducative qui freine la croissance et alimente les vulnérabilités.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), investir dans l’éducation au Sahel permettrait de réduire les inégalités économiques à long terme.

Afriquinfos