Robert Dussey dresse le point de la lutte anti-terroriste en 2025 dans le nord-Togo

Afriquinfos Editeur
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Le Ministre Togolais des Affaires Etrangères Robert Dussey (DR-Robert Dussey)

Paris (© 2025 Afriquinfos)- Le ministre togolais des Affaires étrangères a révélé que 15 attaques terroristes du GSIM, proche d’Al-Qaïda, avaient eu lieu depuis janvier dernier dans le nord du Togo. Pour l’une des rares fois, Robert Dussey a officiellement reconnu que, l’ampleur de cette menace, soulignant la gravité de la situation. Depuis le début de l’année, au moins 54 civils et 8 soldats ont perdu la vie dans cette région, qui est en état d’urgence sécuritaire depuis 2022.

Le Togo a vu une montée des activités jihadistes ces dernières années, des groupes liés à l’État islamique et à Al Qaïda s’étant propagés depuis le Sahel.

Une poussée d’attaques en mai et juin a marqué l’une des périodes les plus meurtrières de l’histoire récente du Sahel, soulignant la menace posée par les groupes jihadistes à un moment où les gouvernements régionaux sont enlisés dans des tensions avec leurs anciens alliés militaires occidentaux, selon les analystes.

La violence dans la région au sud du Sahara a commencé lorsque les groupes jihadistes ont attaqué une rébellion Tuareg dans le nord du Mali en 2012.

Des groupes liés à Al Qaeda et à l’État islamique ont depuis saisi des territoires malgré des efforts militaires coûteux pour les repousser, se répandant au Burkina Faso et au Niger et plus récemment au nord de pays côtiers tels que le Togo.

S’exprimant au cours d’un entretien avec Reuters, le Ministre Dussey a affirmé qu’il y a environ 8 000 forces togolaises dans le nord entre le Togo et le Burkina Faso. Les analystes affirment que le JNIM a intensifié les attaques au Burkina Faso.

A en croire, Robert Dussey, la coopération du Togo avec le Burkina Faso était très bonne, et a dit que le Togo agit comme un pont entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, dont il est membre, et la Confédération des États du Sahel, composée des États du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Selon Gilles Yabi, analyste politique et fondateur du cercle de réflexion citoyen Wathi, le nord du Togo est confronté à une situation sécuritaire préoccupante, marquée par la montée des violences liées aux groupes djihadistes.

Bien que les récentes déclarations des autorités togolaises puissent sembler marquer un tournant, ce n’est pas la première fois que le gouvernement admet l’importance de la menace terroriste, souligne Gilles Yabi, analyste politique et fondateur du cercle de réflexion citoyen Wathi sur l’Afrique de l’Ouest.

En 2023, le président Faure Gnassingbé, ainsi que le porte-parole du gouvernement de l’époque, avaient déjà reconnu la gravité des attaques. Depuis novembre 2021, le nord du Togo est régulièrement la cible de groupes armés, une situation qui a conduit à la mise en place de mesures d’urgence.

Le Togo n’est pas un cas isolé. Les pays voisins, tels que le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Ghana, bien que ce dernier n’ait pas encore connu d’attaques officiellement répertoriées, sont également sous la menace de ces groupes terroristes. Cette situation souligne la nécessité d’une coopération régionale renforcée pour faire face à cette menace commune.

Le nord du Togo présente plusieurs facteurs de vulnérabilité qui facilitent l’implantation des groupes terroristes. L’économie de guerre, qui soutient la logistique de ces groupes, est profondément enracinée dans la région ouest-africaine. Comprendre ces liens économiques est crucial pour élaborer des réponses efficaces à la menace djihadiste.

V.A.