Revue de presse panafricaine du 31 octobre 2014

Afriquinfos Editeur
7 Min de Lecture

Le peuple burkinabé comme un seul homme s’est levé pour dire non au projet de loi portant révision de la Constitution qui permettra au président Blaise Compaoré dont le mandat s’achève en 2015, de rempiler. Une gigantesque mobilisation dans les rues du Burkina a conduit le président non seulement  à abandonner son projet de loi mais à annoncer dans la foulé des manifestations, sa démission.  Sur ces événements en fin de semaine, la presse africaine  est y allée de ses commentaires presqu’unanimes.

Les braises de l’entêtement de Blaise

 Dans sa livraison du jeudi 30 octobre, le quotidien burkinabé, Le Pays titrait : « Le jour de tous les dangers ».  Plus tard dans la journée,  sur sa page web, le journal décrit la tournure des événements.  « Les manifestations de ce matin ont vite pris une autre tournure. En effet, l’Assemblée nationale a été prise d’assaut, saccagée et brûlée. L’examen du projet de loi annulé. Le Gouvernement informe l’ensemble des populations de l’annulation de l’examen du projet de loi portant révision de la Constitution. Il appelle les populations au calme et à la retenue».

De son côté, l’Observateur Paalga croyait à un possible sursaut des parlementaires pour faire barrage à ce projet de loi. Ainsi, le journal dans son éditorial  du jeudi rêvait : « Et si on rêvait un peu ?  Qu’avec la clameur publique qui s'est emparée de la rue le mardi 28 octobre 2014; qu’avec cette statue de Blaise Compaoré déboulonnée à Bobo-Dioulasso (mauvais présage ?) ; – qu’avec la guérilla urbaine qui est en train de s’installer petit à petit ; – qu’avec … dans un ultime sursaut d’orgueil et d’éthique politique, la centaine de députés tripatouilleurs en mission commandée décident finalement en leur âme et conscience et dans le secret du vote de faire pièce aux velléités monarchiques du président Blaise Compaoré ? Et si on rêvait que par extraordinaire, ce dernier himself, inspiré in extrémis par le Saint Esprit de la bonne gouvernance démocratique, fait machine arrière… ? ». 

La rue a eu raison du palais

Walf Fadjri du Sénégal annonçait dans sa publication du vendredi que sur appel du balai du citoyen, les Burkinabé se sont rassemblés pour demander la démission de Blaise Compaoré. Le quotidien Le Potentiel en République démocratique du Congo renchérit en sa manchette : « Burkina Faso, l’armée prend le pouvoir ». Même son de cloche chez El Watan en Algérie. Dans sa livraison du vendredi, le journal publie que le président du Burkina Faso Blaise Compaoré a annoncé dans un communiqué lu sur une télévision locale qu’il quittait le pouvoir.

 La nouvelle tribune.info au Benin, analyse que la fin de l’ère Blaise Compaoré répond à une logique universelle : « Qui règne par l’épée périt par l’épée ». Et le journal de féliciter le peuple burkinabé et d’avertir les présidents qui développent des velléités de conservation du pouvoir. « Désormais, de par son héroïsme, le peuple burkinabé envoie un message clair aux autres de la sous-région. C’est le début du Printemps noir. Et ce vent de révolte pour la démocratie devra dorénavant souffler dans chaque pays africain si les dirigeants africains rechignent à quitter le pouvoir. 

Le Togo indifférent aux événements ?

 C’est tout cas ce que laisse croire les journaux officiels togolais. Dans son magazine du vendredi, le quotidien national Togo Presse a fait black out sur les manifestations au Burkina Faso. Deux grands titres ont été consacrés en sa manchette : « Une délégation de l’Eglise adventiste du 7ème jour a été reçu par le Premier ministre Ahoomey-Zunu », « Les députés ont voté le projet de loi de finances rectificatives gestion 2014 ». En page Etranger, le quotidien s’est contenté de relayer la victoire du parti Nida Tounès en Tunisie. Le site du gouvernement republicoftogo.com a de son côté fait du service minimum. Le journal a publié une interview du ministre du Commerce qui s’est prononcé sur la suspension de la foire de Lomé pour raison d’Ebola. Dans sa livraison, republicoftogo a annoncé la mise en vigueur de la loi portant importation et utilisation des sachets non biodégradables.

La presse privée a  pour sa part dans ses colonnes fait des commentaires sur la chute de Blaise Compaoré et es effets collatéraux pour le Togo.

 Le quotidien privé Liberté titrait en sa Une « Blaise Compaoré chassé du pouvoir, l’armée annonce un gouvernement de transition. Dans sa publication le journal rapporte la présence de militaires togolais au Burkina Faso. Liberté rapporte également que les ressortissants togolais seraient en danger et qu’un d’eux serait déjà mort.

Le bihebdomadaire L’Alternative publie avec photo, « Les 24 heures qui ont fait basculer le pouvoir de Blaise Compaoré ». Le journal de son côté craint également pour les togolais résidents au Burkina et annonce que les Togolais sont sous la menace des manifestants.

 Sénégal : le procès Karim Wade n’en finit pas dans ses rebondissements.

 Si les événements au Burkina Faso ont capté toute l’attention de la presse du continent, au Sénégal, la chute de Blaise Compaoré ne cristallise pas toute l’actualité. Il y a de nouveaux éléments dans le procès Karim Wade. C’est ce que révèle le journal Walf Fadjri : « L’ex directeur général de An Média a, dans son deuxième jour d’interrogatoire d’audience varié sur ses déclarations. Et cela se justifie par l’implication directe du président Abdoulaye Wade et du Parti démocratique sénégalaise dans la matérialisation de la chaîne de télévision Canal Infos ».

Anani  GALLEY