La représentante personnelle de Macron pour la Francophonie depuis 2017 parle de l’évolution de l’OIF  

Paris (© 2022 Afriquinfos)- En 2017, alors qu’elle venait de gagner un an plus tôt le prestigieux Prix Goncourt, Leïla Slimani a été nommée représentante spéciale d’Emmanuel pour la Francophonie. Cinq ans après, l’écrivaine franco-marocaine revient dans ‘Jeune Afrique’ sur sa mission et l’évolution des chantiers prioritaires de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

A tout juste 36 ans et un Goncourt en poche, Leïla Slimani était nommée par le Président français, Représentante spéciale pour la Francophonie. La mission qui lui a été alors assignée était de porter «au plus haut le rayonnement et la promotion de la langue française et du plurilinguisme».  Concrètement, elle portera des projets portant sur «l’éducation, la culture, l’égalité femmes-hommes, l’insertion professionnelle et la mobilité des jeunes, la lutte contre le dérèglement climatique et le développement du numérique».

Où en est-elle cinq ans après? «Dès le départ, nous nous sommes mis d’accord avec le président de la République autour de l’idée de transformer l’image de la Francophonie, qui ne se cantonnerait pas à l’aspect institutionnel ou à l’expédition des affaires courantes. Notre vision était celle d’une Francophonie transversale et moderne, qui ne place plus la France au centre et les autres pays à la périphérie, mais traite chacun en égal. La langue française n’est pas figée, elle est parlée sur des territoires très divers, elle se créolise, et c’est ce qui la rend riche. Voilà pourquoi tout le monde doit pouvoir s’en emparer», répond-t-elle à ‘Jeune Afrique’.

Leila Slimani qui entame au Maroc la promotion de son nouveau livre «Regardez-moi danser», se réjouit en outre des avancées enregistrées ces dernières années: «Je suis aussi très contente de la sortie, l’an dernier, du ‘Dictionnaire des francophones’, pour lequel j’avais beaucoup milité, qui permet de rentrer un mot et d’obtenir son équivalent dans d’autres pays comme le Rwanda ou le Maroc. Nous avons par ailleurs organisé les ‘États généraux du livre français’ à Tunis, en novembre 2021, pour mettre à plat les questions relatives au mode de distribution des livres francophones».

Si l’auteure franco-marocaine reconnaît que du chemin reste à faire pour une ‘Francophonie des peuples’, à l’heure du bilan, Leïla Slimani marque son satisfecit: «Grâce au travail de nombreux artistes et écrivains, qui revendiquent une francophonie plus ouverte, les choses ont évolué dans le bon sens. Cela a également été rendu possible grâce à la nouvelle génération, qui ne veut plus être otage des vieux débats sur la colonisation et qui s’approprie sans complexe la langue française. Notre institution est vieille et toutes ces transformations prennent beaucoup de temps, mais je suis contente du chemin parcouru. En somme, j’estime que notre bilan est positif», déclare la Représentante spéciale d’Emmanuel Macron pour la Francophonie.

Boniface T.

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