Genève (©2026 Afriquinfos)- La Journée mondiale de lutte contre le paludisme 2026 célébrée le 25 avril dernier, sous le thème « Tout pour mettre fin au paludisme: maintenant nous le pouvons. Maintenant nous le devons » a été l’occasion, pour les responsables de l’Alliance GAVI, de rappeler qu’il est possible d’éradiquer le fléau en Afrique d’ici 2030. Selon eux, la formule consiste en des investissements consistants et soutenus pour assurer le déploiement des premières vaccinations de masse contre le paludisme.
Le combat contre le paludisme peut être gagné d’ici 2030 dans les pays africains à forte endémie, si des investissements soutenus sont consentis. C’est ce qu’indique de hauts responsables de l’Alliance GAVI, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme. Dans un Livre Blanc publié le 25 avril, GAVI a dévoilé des mesures que doivent prendre les gouvernements, les fabricants de vaccins et les organismes de santé pour atteindre cet objectif.
En effet, après le succès des projets pilotes, avec le RTS, S/AS01, premier vaccin contre le paludisme, introduit en Afrique en 2019 notamment au Ghana, au Kenya et au Malawi, les pays commencent à se préparer cette année 2026, au déploiement des premières vaccinations de masse contre le paludisme.
Selon Thabani Maphosa, responsable des livraisons pays chez Gavi, actuellement, les vaccins contre le paludisme font désormais partie de la vaccination de routine dans 25 pays africains, avec 52 millions de doses livrées sur le continent depuis 2023.
Selon les estimations, on aura besoin de 40 à 60 millions de doses par an d’ici 2026, et probablement de 80 à 100 millions de doses chaque année d’ici 2030. Mais, l’approvisionnement constitue le principal obstacle au déploiement généralisé des vaccins contre le paludisme dans les pays d’endémie.
Pour parvenir à l’éradication du paludisme d’ici 2030, les pays et les partenaires devront, selon le rapport rendu par GAVI, collaborer dans des domaines cruciaux tels que la prévision de la demande, l’augmentation du nombre de fournisseurs et le transfert de technologie.
Selon le rapport de l’Alliance, il lui faudra également prévoir un cofinancement supplémentaire pour aider les pays à se procurer des doses et à passer leurs commandes en temps utile, et promouvoir l’innovation en matière de vaccination contre le paludisme et son intégration avec les autres interventions déjà en place.
«Il a fallu plus de 50 ans pour mettre au point un vaccin contre le paludisme, mais il aura fallu attendre le lancement du vaccin, cette année, pour nous rappeler ce qu’il faut faire maintenant si nous voulons que les vaccins antipaludiques soient accessibles à tous les enfants qui en ont besoin. Nous savons que les pays africains attendent depuis longtemps un vaccin contre cette maladie, qui figure parmi les plus meurtrières : si les acteurs de la santé mondiale, les pays, les producteurs de vaccin et la société civile s’unissent, nous pourrons bientôt réussir à éviter chaque année des dizaines de milliers de décès chez les enfants, en associant la vaccination aux autres interventions de lutte contre le paludisme», a déclaré le Dr Seth Berkley, Directeur exécutif de Gavi.
Selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé, l’Afrique représentait près de 95% de tous les cas de paludisme dans le monde, soit l’équivalent de 265 millions, et 95% des décès, soit 579.000, en 2024.
Boniface T.



