Le Ramadan égyptien est émaillé d’arrestations

Afriquinfos Editeur
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En particulier, la nouvelle loi sur les rassemblements excite la colère des Egyptiens, nombreux à tenter de la défier, quitte à êtres arrêtés, rejoignant des révolutionnaires de premier plan comme Alaa Abd El Fattah, condamné le mois dernier à 15 ans de prison pour l'organisation d'une manifestation non autorisée.

Aux premiers jours du Ramadan, le mois saint du jeûne pour les musulmans, la police a fait une descente dans une maison où un groupe de 11 jeunes hommes prenait ensemble le souhour (le repas d'avant l'aube qui précède la nouvelle journée de jeûne pour les musulmans), apparemment, suppose-t-on, pour infraction à la loi sur les rassemblements. Les internautes ont créé le mot-dièse #معتقلي_السحور [arabe], qui veut dire ‘prisonniers du Souhour'.

Ahmad Abd Allah a écrit sur son mur Facebook la note suivante [arabe] :

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"Onze hommes avaient un souhour chez l'un d'eux. Le Ministère de l'Interieur les fait arrêter pour rassemblement illégal… libérez les prisonniers du souhour"

L'utilisateur de Twitter Mohamed Hazem, de Damnhour, a tweeté en solidarité avec ses amis :

"Je ne sais pas si je dois pleurer pour le massacre commis par les gardes républicains ou pour mes 11 amis arrêtés"

Il ironise ensuite :

"Le Procureur désignera-t-il comme preuve le fromage et les olives ou les transformera-t-il en cocktail Molotov"

Et Shahdan-shosh de tweeter une photo des onze incarcérés avec cette remarque :

"Leur crime : un souhour en groupe. Ils ont été arrêtés en possession de foul (haricots), falafel et yaourt."

L'activiste Wael Abbas a tweeté à ses 265.000 abonnés :

"Je vais probablement annuler ma fête annuelle d'Iftar [le repas de rupture du jeûne] pour respecter la nouvelle loi contre les manifestations :)"

Avant d'ajouter :

"De toute façon, la moitié de mes invités à l'Iftar de l'année dernière sont soit en prison, soit en exil, soit dans la clandestinité :)"

L'an dernier, une loi similaire interdisant les rassemblements que s'apprêtait à imposer le gouvernement Morsi, a été empêchée de voir le jour par les protestations des organisations internationales. Le blog égyptien WikiThawra [arabe], tenu par le Centre égyptien pour les droits économiques et sociaux, affirme qu'au moins 80 personnes sont mortes en garde à vue pendant les douze derniers mois et que plus de 40.000 ont été détenues ou inculpées entre juillet 2013 (renversement du gouvernement Morsi) et mi-mai 2014.

Photo de Noor Mattar Ecrit par Noor Mattar Suzanne Lehn, pour Global Voices Traduit par Suzanne Lehn

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