Madrid (© 2026 Afriquinfos)- La communauté marocaine domine largement les diasporas africaines vivant en Espagne. C’est ce que révèle un rapport de l’Observatoire permanent de l’immigration espagnol couvrant la période 2013‑2025. Le document qui offre une vision détaillée des étrangers titulaires d’un titre de séjour en Espagne souligne qu’au 31 décembre 2025, l’Espagne comptait 7,5 millions d’étrangers avec un titre de séjour, dont 3,5 millions relevant du régime général.
Les diasporas africaines y occupent une place importante, tant par leur nombre que par leurs profils socio-économiques, et révèlent des dynamiques migratoires variées.
Les Africains représentent 35 % de ce groupe, avec un âge moyen de 36 ans et environ 17 % de mineurs. La communauté marocaine domine largement avec 862 190 résidents, soit un quart du total. Le Sénégal (84 744) et l’Algérie (65 266) constituent des communautés stables, tandis que le Mali, bien que plus petit (54 861), affiche la croissance la plus rapide (+33,5 % sur un an), illustrant un flux migratoire jeune et majoritairement masculin.
Le rapport met en lumière une hausse record des demandes d’asile : +27 % sur un an et +799 % sur dix ans. Les ressortissants africains contribuent pour 37 % de cette augmentation, avec un pic pour les Maliens (+130,9 %). Cette tendance reflète à la fois les crises dans certains pays et les limites du cadre juridique espagnol et européen, laissant de nombreux demandeurs dans une incertitude administrative prolongée.
Les diasporas africaines montrent des profils variés sur le plan économique. Plus de la moitié détiennent un titre temporaire, principalement pour le travail (32 %) ou dans le cadre de situations exceptionnelles (47 %). Parmi ces dispositifs figure l’arraigo social, une mesure permettant aux étrangers en situation irrégulière de régulariser leur séjour grâce à des liens familiaux, sociaux ou professionnels.
On distingue plusieurs types d’arraigo : social (présence continue et insertion sociale), laboral (travail régulier) et familial (parent d’un enfant espagnol ou né en Espagne). Ces mécanismes reflètent une politique migratoire complexe, alternant soutien à l’intégration et régularisation exceptionnelle.
La migration marocaine, tournée vers l’installation durable, avec une féminisation progressive et un vieillissement léger des communautés.
La migration malienne, majoritairement masculine et temporaire, centrée sur les jeunes actifs isolés et souvent liée à des mobilités circulaires.
Ces modèles mettent en évidence la diversité des expériences migratoires africaines en Espagne et les défis liés à l’intégration, à la protection juridique et à l’accès aux droits sociaux.
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