Cotonou (© 2026 Afriquinfos)- Cotonou la capitale béninoise a accueilli du 13 au 15 juillet 2026, la 7ᵉ Réunion ministérielle du Processus des États Africains Atlantiques (PEAA). Organisée conjointement par le Bénin et le Maroc, cette rencontre avait pour thème « Consolider un espace atlantique africain intégré, sécurité maritime, corridors logistiques verts et transition énergétique durable ».
La rencontre a réuni 23 pays qui se sont penchés sur les défis de la façade atlantique du continent. Elle marque une nouvelle étape dans l’opérationnalisation du Processus lancé à Rabat en juin 2022.
Au terme, les ministres des Affaires étrangères des pays membres du Processus des États Africains Atlantiques ont adopté la Déclaration de Cotonou. Ce document fixe les grandes orientations communes en matière de sécurité maritime, de connectivité régionale et de transition énergétique.
À travers cette déclaration, les États africains atlantiques réaffirment leur ambition de bâtir un espace maritime plus sécurisé et mieux intégré. Le texte met l’accent sur quatre axes prioritaires.
Le premier concerne le renforcement de la sécurité maritime dans le golfe de Guinée. Les pays membres souhaitent intensifier leur coopération contre la piraterie maritime, la pêche illicite et les différents trafics transnationaux qui affectent la stabilité de la façade atlantique africaine.
Le deuxième axe porte sur la création de corridors logistiques verts reliant les ports atlantiques aux pays de l’hinterland. Cette stratégie vise à améliorer les échanges commerciaux, renforcer la connectivité régionale et faciliter l’accès des pays sans littoral aux infrastructures portuaires.
Les États membres prévoient également d’accélérer la digitalisation des procédures portuaires et douanières, afin de réduire les obstacles au commerce et d’améliorer la fluidité des échanges.
Enfin, la déclaration accorde une place importante à la transition énergétique, avec la promotion des énergies renouvelables, notamment l’énergie marine et l’hydrogène vert.
La ministre béninoise des Affaires étrangères Corinne Amori Brunet, a estimé que la Déclaration de Cotonou traduit « la conviction que la façade atlantique de l’Afrique constitue un levier majeur de stabilité, de prospérité et d’intégration ».
Son homologue marocain, Nasser Bourita, a de son côté insisté sur la nécessité de privilégier « les solutions africaines aux défis africains », tout en réaffirmant l’engagement du Maroc dans cette initiative.
Une feuille de route attendue en 2027
Les ministres ont confié au Secrétariat permanent du PEAA la mission d’élaborer, d’ici mars 2027, une feuille de route destinée à traduire ces engagements en actions concrètes.
Pour le Bénin, pays hôte de la rencontre, cette adoption constitue une reconnaissance de son rôle dans la construction d’un espace atlantique africain plus intégré. Les autorités béninoises mettent notamment en avant la position stratégique du Port de Cotonou, considéré comme une plateforme essentielle pour les échanges entre les pays côtiers et ceux de l’hinterland.
Pour le Maroc qui était représenté par l’ambassadeur Mohamed Methqal, Directeur général de l’Agence marocaine de coopération internationale,, cette réunion illustre la maturité du Processus. « Il ne s’agit plus de définir une vision, mais de la mettre en œuvre. Il ne s’agit plus de poser des principes, mais de les traduire en actions concrètes » a-t-il déclaré.
Revenant sur le contexte géostratégique, l’ambassadeur a rappelé que près de 90% du commerce mondial transite par voie maritime. Il a cité la « crise d’Ormuz » de 2026 qui a entraîné une baisse de 70% du trafic pétrolier et une flambée des prix de l’énergie. « Il nous revient, nous, pays africains atlantiques, de contribuer activement à la gouvernance internationale des espaces maritimes » a-t-il insisté.
Sur les trois axes prioritaires, le Maroc a plaidé pour un renforcement de la coopération en matière de sécurité maritime face à la piraterie, à la pêche illégale et aux trafics. Il a également mis en avant le rôle des corridors logistiques verts et des ports comme Tanger. Enfin, il a souligné le potentiel africain en énergies renouvelables : 11 000 gigawatts en solaire, 1 400 en éolien, alors que le continent ne reçoit que 2% des investissements mondiaux.
Plaidoyer pour une façade atlantique intégrée et productive
La ministre de la diplomatie béninoise, Corinne Amori Brunet a salué la vision du Roi Mohammed VI qui a fait de l’espace atlantique un « cadre de coopération géostratégique pragmatique, au service de la paix, de la stabilité et d’une prospérité partagée ». Du Maroc à l’Afrique du Sud, le Processus réunit l’Afrique du Nord, de l’Ouest, centrale et australe, et associe les pays de l’hinterland via les corridors portuaires.
Pour Mme Brunet, l’heure est à l’action concrète. Elle a identifié trois priorités. Premièrement, renforcer la coordination en matière de sûreté maritime et le partage de renseignements en temps réel, en articulation avec l’architecture de Yaoundé. Deuxièmement, poser les bases de corridors logistiques verts et digitaux, en exploitant la complémentarité entre les ports et en connectant la mer, la route et le rail. Troisièmement, développer les synergies régionales dans les énergies marines renouvelables et l’hydrogène vert.
En moins de quatre ans, le Processus des États Africains Atlantiques s’est imposé comme un instrument majeur de coopération continentale. Après le Cap-Vert en 2025, Cotonou confirme l’appropriation de ce partenariat par les États membres.
Lancé en juin 2022 à Rabat à l’initiative du roi Mohammed VI, le Processus des États Africains Atlantiques rassemble les pays africains riverains de l’océan Atlantique autour d’objectifs communs que sont : la paix, la sécurité, le développement durable, l’intégration régionale et la valorisation du potentiel économique de l’espace atlantique africain. La réunion de Cotonou marque ainsi une nouvelle étape dans la consolidation de cette coopération continentale.
V.A.
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