Lomé (© 2025 Afriquinfos)- 10 Ports africains vont bénéficier du projet régional SCOPE Africa, «Securing Corridors, Ports and Exchanges in Western and Central Africa», un programme piloté par l’Union Européenne (UE). Doté d’un financement de 12 millions d’euros (environ 7,87 milliards FCFA) et mise en œuvre par Expertise France et Enabel, cette initiative a lancé officiellement lancé à Lomé ce 3 décembre 2025.
Securing Corridors, Ports and Exchanges in Western and Central Africa»entend rehausser les standards de sûreté, de sécurité et de performance dans dix ports répartis sur dix pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Inscrit dans la stratégie Global Gateway, SCOPE Africa est une initiative développée autour de trois objectifs majeurs : renforcer le respect des normes internationales de sécurité et de sûreté, en y intégrant la résilience environnementale ; accroître les capacités des ports cibles à prévenir et à répondre efficacement aux incidents de sûreté et de sécurité ; et consolider les structures régionales et le dialogue pour favoriser le développement des corridors de transport.
L’Afrique est plus que jamais une puissance maritime en devenir. Avec une croissance annuelle du commerce maritime estimée à 7 % et le fait que près de 90 % du commerce du continent transite par ses eaux et ses ports, la performance de ces plateformes est vitale pour le développement économique régional.
Cependant, cette dynamique est confrontée à des défis croissants et complexes :
• Menaces criminelles et terroristes : Les ports sont des nœuds stratégiques exploités par les organisations criminelles pour le trafic illicite (marchandises, drogues, armes). L’instabilité régionale exacerbe également les risques d’attaques terroristes.
• Risques industriels majeurs : Des catastrophes, comme celle survenue au port de Beyrouth en 2020, rappellent la vulnérabilité des infrastructures portuaires aux accidents industriels.
• Pression environnementale et climatique : Les ports sont en première ligne face aux impacts du changement climatique, nécessitant une résilience accrue.
Pour faire face à ces enjeux et garantir la fluidité des corridors de transport qui irriguent l’hinterland et desservent les pays enclavés, le renforcement de la gouvernance portuaire et l’instauration d’une culture de sûreté durable sont devenus un impératif non négociable.
Les pays concernés
Les infrastructures portuaires concernées par ce projet transnational sont Lomé (Togo), Douala et Kribi (Cameroun), Praia (Cap-Vert), Pointe-Noire (République du Congo), Abidjan (Côte d’Ivoire), Libreville (Gabon), Monrovia (Liberia), Lagos (Nigeria) et Dakar (Sénégal).
Le projet SCOPE Africa se positionne comme un complément stratégique aux initiatives de sécurité maritime déjà actives dans la région (telles que SEACOP, GoGIN, SAFE SEAS et EnMAR). Son ambition majeure dépasse le simple cadre de la formation ou du déploiement de procédures : il vise à installer une culture de sûreté durable et partagée, profondément ancrée dans les pratiques quotidiennes des acteurs portuaires. Ceci pour une résilience face aux changements institutionnels et aux évolutions des menaces.
À terme, SCOPE Africa devrait contribuer à une intégration logistique intra-africaine plus fluide, sécurisée et compétitive. C’est un prérequis essentiel pour l’émergence de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) et pour le renforcement de la souveraineté du continent.
dans la région». Ce financement s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du «Global Gateway», feuille de route des investissements de l’UE en Afrique.
SCOPE Africa est mis en œuvre par un consortium chapeauté par Expertise France, bras financier de la coopération française en Afrique. Il entend prioritairement s’attaquer à «la récurrence d’accidents industriels, les menaces criminelles et terroristes, l’essor des trafics illicites ainsi que les pressions environnementales et climatiques» dans les Ports africains.
V.A.



