«Commissions régionales Justice et Paix: Promouvoir la bonne gouvernance, le bien commun et les transitions démocratiques en Afrique: Deux ans après avoir reçu l’Exhortation apostolique post-synodale "Africae Munus", où en sommes-nous» ? C’est le thème autour duquel ont planché des dignitaires de l’Eglise catholique d’Afrique (Evêques Présidents, Secrétaires, Coordinateurs et Membres des "Commissions Justice et Paix régionales d’Afrique et Madagascar")du 28 octobre au 2 novembre dernier, au Burundi. Une démarche s’inscrivant dans le souci de dresser un bilan deux ans près l’Exhortation apostolique post-synodale « Africae Munus ».
C’est la coordination « Justice et Paix du SCEAM » (Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et de Madagascar) qui est l’architecte d’une telle rencontre annuelle au terme de laquelle tous ont appelé unanimement les croyants catholiques d’Afrique à produire plus d’efforts pour l’enracinement d’une société plus juste sur le continent noir.
Une posture qui a amené ces responsables de l’Eglise catholique d’Afrique à formuler les recommandations suivantes :
«Comme saint Paul, nous vous invitons à vous laisser réconcilier avec le Christ en vous ressourçant spirituellement et en vous laissant instruire par la connaissance de la personne intégrale, pour dire NON à la misère qui nous environne et qu’inconsciemment par notre comportement de pécheurs nous pouvons répandre autour de nous.
Notre refus de la misère en Afrique et Madagascar s’exprime concrètement par:
1. le rejet radical de l’exploitation des plus pauvres et des plus faibles: réduction en esclavage de nos enfants, trafic de nos enfants et même de leurs organes;
2. la dénonciation de l’insécurité croissante dans certains pays et régions du continent: violences et exactions criminelles en Centrafrique, la récurrence des conflits en R.D. Congo; le fanatisme et l’extrémisme religieux au Nigeria, au Mali, en Egypte, en Somalie, au Kenya et en Tanzanie, etc;
3. le rejet de l’exploitation injuste de nos ressources naturelles dont l’industrie extractive est source de conflits violents et criminels. Notre souhait, c’est que nos Etats africains aient le courage d’écrire et de voter des bis protégeant nos ressources nationales respectives;
4. l’exploration de chemins nouveaux pour une bonne gouvernance qui exclut toutes les formes de corruptions, de trafics d’influences et de gabegies ;
5. les inquiétudes nouvelles que soulève la gestion des eaux du Nil: le bien-être minimum des populations et des pays riverains en dépend fondamentalement. Nous préconisons un dialogue patient et fructueux ;
6. l’engagement pour une culture démocratique respectueuse de la liberté d’opinion. Une démocratie qui prend en compte les droits de l’immigré, aborde sans hypocrisie la question des réfugiés dans le respect de leur dignité humaine fondamentale ;
7. le respect de la loi fondamentale (Constitution) du pays en offrant aux citoyens d’un pays la possibilité d’une alternance politique.
Tout en reconnaissant son besoin d’approfondissement et d’amélioration, nous avons globalement exprimé notre accord sur la justice transitionnelle au nom de la paix. Mais sur ce qui porte atteinte aux crimes contre i ‘humanité, force doit être laissée au droit légal et pénal.
Nous avons aussi exprimé une pensée à nos frères et sœurs victimes du drame de Lampedusa (Italie) ainsi qu’ leurs familles pour leur traduire notre compassion.
Notre volonté, clairement exprimée, c’est le renforcement de nos structures Justice et Paix pour un dialogue efficace avec les peuples africains, les organisations de la société civile, les différents groupes religieux et les gouvernements. Nous nous sentons encouragés pour cela par l’exhortation du Pape Emérite Benoit XVI à devenir sel de la terre et lumière du monde.
Enfin, nous, Evêques, Présidents, Secrétaires, Coordinateurs et Membres des Commissions Justice et Paix régionales d’Afrique et Madagascar osons insister à temps et à contretemps sur le pardon comme une grâce de Dieu qui, en Jésus Christ, se met à genoux devant tout homme afin que celui-ci se fasse le devoir de remettre entièrement tout péché.
En nous laissant réconcilier en Lui par Lui et avec Lui, nous vous engageons avec tout prochain sur le chemin d’Emmaüs pour recevoir et recréer la fraternité universelle à laquelle tous, sans exception, nous aspirons ».
(Par Edem Gadegbeku)
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