Pacôme Adjourouvi donne des détails sur les dynamiques politiques en cours au Togo

Afriquinfos Editeur
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Me pacome adjourvi Ministre Togolais des Droits de l'Homme (DR-Youtube)

Paris (© 2025 Afriquinfos)- Plus d’un mois après les manifestations ayant occasionné des morts au Togo, (des corps repêchés dans certains lacs de la capitale togolaise), que sait-on des conditions de décès de ces personnes ? où se situent les responsabilités et qu’en est-t-il des enquêtes en cours autour des accusations de répressions?  Ces interrogations ont trouvé des réponses ce 2 aôut 2025, dans un entretien accordé au Ministre Togolais des Droits de l’Homme, M Pacôme Adjourvi

’Les médecins légistes ont procédé à des analyses assez poussées. Les conclusions sont connues. Le procureur de la République a communiqué également. Nous avons, avant les événements d’ailleurs, deux corps qui avaient été repêchés dans la lagune. Ces corps étaient déjà dans l’eau. Nous sommes en train d’établir la réalité’’, a répondu le  ministre togolais des Droits de l’homme, M. Pacôme.

Cependant l’officiel reconnaît que les responsables de ces actes  n’ont été interpellés. ‘’Non, le temps de la justice est là. Nous donnons le temps à la justice. Les enquêtes sont en cours. Attendons les conclusions avant d’aller vite en besogne’’, se défend-t-il.

Selon M. Adjourvi, ‘’les faits qui concernent le Togo, tels que rapportés par certains médias, sont très loin de la réalité que nous, nous vivons, que nous avons vécu ces derniers temps à l’OME. Et ce n’est pas l’occasion pour moi d’épiloguer ou de m’arrêter sur quelque chose quand même d’assez grave. Il s’agit de vie humaine. Et pour certaines raisons politiques ou d’agenda de calendrier, certains s’amusent à vouloir utiliser ces faits, ces actes qui ont été dénoncés d’ailleurs par beaucoup de nos concitoyens’’, se défend-t-il. Et en l’a en croire, ‘’ on veut attribuer ces morts à une brutalité policière’’, a-t-il déclaré face à une journaliste du média TV5 Monde.

 Le Ministre Togolais des Droits de l’Homme s’est contre toute attente dit ‘’surpris’’ par les récentes  déclarations faites sur ce même média par Maître Kpandé-Adjaré président d’honneur de la Ligue Togolaise des droits de l’homme du Togo après les répressions sanglantes du 6 juin et celles des 26, 27 et 28 juillet. Ce dernier dénonçait sur les antennes de Tv5 Monde, le recours aux milices par le pouvoir de Lomé, pour réprimer de façon sanglante et meurtrière ces manifestations.

’Cette répression a eu lieu non seulement par les militaires, mais ce qui est encore plus dérangeant et ce qui est très inquiétant, c’est qu’aux côtés des forces de l’ordre et de sécurité, Faure Gnassingbé et son gouvernement ont fait déployer sur le terrain des miliciens qui sont armés de cordelettes, de gourdins, même de fusils, qui donc opèrent à visage découvert. Nous demandons une enquête internationale indépendante parce que face au silence de la CEDEAO de l’Union africaine, on ne peut pas accepter que, alors que le maintien d’ordre relève du pouvoir régalien des forces de l’ordre de sécurité, que ces forces de l’ordre de sécurité existent et qu’à leur côté, que le régime entretienne, véhicule, soutienne et alimente un réseau de miliciens’’, dénonçait Me Kpandé au mois de juillet.

‘’Je n’ai jamais vu de miliciens’’ Me Adjourvi

Mais à en croire, Me Adjourvi, son ministère ‘’n’a jamais été saisi par des associations. Il y a d’autres associations de défense des droits de l’homme, qui sont des associations indépendantes, comme la Commission nationale des droits de l’homme’’, s’est-il défendu avec difficultés.

Il a en outre affirmé à plusieurs reprises n’être jamais au courant de l’existence des milices dans son pays. ‘’Je n’ai jamais vu de miliciens’’, a-t-il dit à maintes reprises en se contredisant, malgré les relances de son interlocuteur. Car en juin dernier, plusieurs vidéos filmées à Lomé ont montré clairement la présence des milices qui réprimandaient de façon disproportionnée les manifestants.

’Il y a eu une tentative de fabrication d’une crise, depuis l’extérieur, pour salir l’image du Togo. Et qui fabrique cette crise ? Une certaine diaspora. Une certaine diaspora, depuis l’étranger, s’amuse, s’active à, vous savez quand même, des vidéos. Bon, ça, ce n’est pas la réalité des Togolais’’, a affirmé le Ministre sur TV5 Monde.

A la question de savoir si la marche de commémoration des victimes des répressions annoncée par la société civile  pour le 8 août sera autorisée cette fois-ci, ‘’ Si les organisateurs de cette marche ont fait ce qu’il faut en respectant les lois, nos lois, c’est-à-dire déclarer ces jours ouvrables avant et qu’on connaisse les organisateurs et qu’on conserve avec le ministère de tutelle, pris ensemble des précautions’’, l’officiel a répond après des tentatives de diversions.

Cette marche déjà annoncée, avait été déjà interdite à deux reprises par le pouvoir de Lomé.

L’intervention du Ministre togolais des Droits de l’homme, M. Pacôme Adjourouvi, TV5 Monde, a soulevé un émoi légitime dans l’opinion publique. Plus que les mots employés, ce sont le ton, la gestuelle et l’attitude corporelle du ministre qui interpellent. Dans ce contexte marqué par une tension sociale palpable, l’apparente nervosité de celui qui est censé incarner la sérénité républicaine laisse songeur.

V.A.