L’ex-Président ivoirien (2000-2011) et désormais opposant Laurent K. Gbagbo a été finalement reconduit ce 15 mai à la tête de son parti politique, à bientôt 81 ans, après avoir évoqué fin 2025 sa volonté de se retirer.

Laurent Gbagbo n’a pu se présenter à la dernière élection présidentielle d’octobre 2025, remportée par son vieux rival Alassane Ouattara, en raison d’une condamnation pénale qui l’empêche d’être inscrit sur les listes électorales. Sa formation politique, le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) n’avait désigné ni soutenu aucun candidat. Elle a ensuite boycotté les élections législatives de décembre 2025 et se retrouve aujourd’hui sans député, et avec seulement une poignée de maires.
Ce 15 mai, en clôture de son premier Congrès ordinaire, le PPA-CI a reconduit Laurent Gbagbo comme président du parti, ont constaté des journalistes de l’AFP. Cela avait été validé la veille par l’acclamation des quelques milliers de délégués présents. A son arrivée, ce 15 mai, M. Gbagbo, tout sourire, a été chaleureusement applaudi par ses militants, réunis au Palais des Congrès de Treichville à Abidjan.
« Je suis heureux d’être dans cette chaude ambiance, je vous remercie », a lancé M. Gbagbo dans une très courte déclaration. Il doit donner un discours ce 16 mai, à Songon (sud). En octobre 2025, M. Gbabgo, qui aura 81 ans ce 31 mai, avait assuré qu’il ne souhaitait plus être candidat à la direction de son parti et va « s’interdire d’occuper des fonctions politiques ».
Une motion de soutien à l’AES (Alliance des Etats du Sahel), confédération composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger – trois pays gouvernés par des militaires souverainistes aux relations hostiles avec Abidjan – a par ailleurs été chaleureusement applaudie, ce 15 mai. Des sanctions ont également été prononcées contre des figures du parti accusées de désobéissance.
Ahoua Don Mello, qui avait candidaté à la présidentielle de 2025 contre l’avis du parti, a « été radié » tandis que Stéphane Kipré, qui a participé aux législatives 2025 et été élu en indépendant, a été « suspendu 18 mois ». La « gauche ivoirienne » qu’incarnait Laurent Gbagbo lors de sa Présidence entre 2000 et 2011 est plus que jamais fragmentée. De nombreuses têtes d’affiche de l’époque comme Simone Ehivet Gbagbo, son ex-épouse, Charles Blé Goudé, son ancien bras droit ou encore Pascal Affi N’Guessan, ex-Premier ministre, ont rompu avec le PPA-CI.

La suite de la carrière politique de M. Gbagbo dépendra assurément de sa réinscription sur les listes électorales, conditionnée à une amnistie du Président Alassane Ouattara, qui lui a succédé au pouvoir en avril 2011, après une crise post-électorale sanglante ayant opposé les camps des deux hommes. Une amnistie que le Président Ouattara n’est pas pressé de prendre, au regard des récurrentes postures de L. Gbagbo sur plusieurs sujets sensibles. Aussi bien en interne qu’à l’échelle de la sous-région ouest-africaine.



