New-York (© 2025 Afriquinfos)- Malgré le départ progressif des troupes américaines de la base stratégique d’Agadez, les Etats-Unis semblent ne pas accepter le divorce avec Niamey. C’est ce que laisse croire les dessous d’une rencontre fin avril à Washington, entre le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine et l’ambassadeur Troy Fitrell pour discuter de la relance des relations bilatérales.
Cette offensive diplomatique américaine survient dans un contexte de dégradation continue des relations entre Paris et les capitales sahéliennes. Malgré ces efforts de rapprochement, Washington maintient certaines mesures punitives. En mars, les États-Unis avaient rouvert partiellement leurs services consulaires à Niamey et réaffirmé leur volonté de renforcement des liens. Cependant, selon le Washington Post, le Niger et le Burkina Faso demeurent inscrits parmi les 25 pays dont les ressortissants risquent de se voir refuser des visas américains, en raison de contentieux liés aux questions migratoires.
Cette situation révèle la complexité de la stratégie américaine dans la région : d’un côté, une offensive diplomatique intense pour reconquérir l’influence perdue ; de l’autre, des sanctions indirectes qui perdurent malgré les discours de réconciliation.
Le départ progressif des troupes américaines de la base stratégique d’Agadez avait été provoqué par les accords de défense avec les États-Unis dénoncés par Niamey. Les États-Unis appellent à une coopération accrue pour la sécurisation régionale, entre l’Alliance des États du Sahel et la Cédéao, malgré les tensions qui ont conduit au départ du Burkina Faso, du Mali et du Niger de l’organisation régionale.
La représentante américaine par intérim aux Nations Unies, Dorothy Shea, a lancé jeudi 7 août un appel pressant aux pays du Sahel et à leurs voisins côtiers pour qu’ils «dépassent leurs divergences» et s’unissent dans une lutte coordonnée contre le terrorisme, dans le respect de l’État de droit et des droits fondamentaux. Elle intervenait devant le Conseil de sécurité de l’ONU lors d’une séance consacrée à la consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest.
Toutefois, des signes encourageants émergent de cette crise diplomatique. Les deux blocs régionaux ont entamé un processus de négociation pour redéfinir leurs relations futures. Une première session de dialogue s’est déroulée en mai dans la capitale malienne, Bamako.
Début août, lors d’une rencontre à Freetown, le président sierra-léonais Julius Maada Bio, actuellement à la tête de la Cédéao, a encouragé le président de la Commission de l’organisation, Omar Alieu Touray, à intensifier les efforts de rapprochement avec l’AES.
Dorothy Shea a salué l’action du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) dans son rôle de médiateur entre les parties, particulièrement sur les dossiers économiques, politiques et sécuritaires qui divisent la région.
Vignikpo Akpéné



