Lagos (© Afriquinfos 2017) – Le mouvement Peuple indigène du Biafra (Ipob) avait appelé la population à se rassembler, jour de l’investiture du nouveau président américain, dans la ville pétrolière du Sud du Nigeria, Port-Harcourt. Lors de la manifestation du soutien à Donald Trump, soixante-cinq (65) personnes ont été arrêtées.
«Certains membres présumés du Peuple indigène du Biafra (…) ont organisé une manifestation illégale dans la métropole de Port-Harcourt», a déclaré Ahmed Magaji, le chef adjoint de la police de l’Etat de Rivers, dans un communiqué. La police locale soutient avoir utilisé «des gaz lacrymogènes» pour disperser les activistes biafrais, accusés d’avoir «troublé la paix publique (…), perturbé la circulation» et «empêché les citoyens honnêtes de vaquer à leurs occupations».
Ahmed Magaji a annoncé dans la foulée qu’une enquête est en cours. Mais des associations et militants pro-Biafra ont dénoncé ce qu’elles qualifient de répression brutale sur les réseaux sociaux. Plusieurs manifestants non armés avaient été tués par la police lors de cette marche, selon leurs dires. Cependant, cette information n’a pas pu être confirmée par une source indépendante.
Dès le début de la course à la présidence américaine de Donald Trump, l’Ipob avait affiché son soutien au nouveau président américain. Ce soutien est une adresse au nouveau locataire de la Maison blanche afin qu’il reconnaisse le «droit à l’autodétermination» du Biafrais. Le mouvement sécessionniste avait salué les Anglais pour être sortis de l’Union européenne. En réalité, les Biafrais s’inspirent du «Brexit», avec leur slogan «Biafrexit».
L’Ipob est l’un des mouvements sécessionnistes qui militent pour la création d’un Etat indépendant au Biafra, région déshéritée du sud-est du Nigeria. Cette aspiration à l’autodétermination date de plusieurs décennies.
Entre 1967 et 1970, une guerre civile avait éclaté entre l’Etat fédéral et les sécessionnistes biafrais. Ces affrontements sont encore latents et résugissent par moment. Depuis l’arrestation de Nmandi Kanu, leader d’Ipob en octobre 2015, le Nigeria fait face de plus en plus aux vélléités sécessionnistes des biafrais.
Bella Edith & Anani GALLEY



