Lomé (© 2025 Afriquinfos)- Au Togo, la liste des icônes nationales décédées dans l’indifférence totale vient de s’allonger avec le décès de Nibombé Waké, ancien gardien de but de la sélection nationale de Football. Qu’elles soient du domaine sportif ou culturel, elles sont nombreuses ces personnalités qui après des années de bons et loyaux services à défendre les couleurs du pays ou la faire rayonner sur la scène internationale, tombent dans l’oubli et finissent leur jour dans la pauvreté et l’indifférence.
Le 25 juin dernier, le visage marqué par l’âge et la maladie, Nibombé Waké lançait un appel à l’aide. Dans une vidéo partagée sur le réseau X par le journaliste ghanéen Ibrahim Sannie Daara, ancien porte-parole de la Fédération ghanéenne de football, l’ex-gardien implorait une rencontre avec Sir Sam Jonah, président de son ancien club AshantiGold, où il avait évolué plus de quatre ans. « Je ne vais pas lui demander de l’argent, mais je suis sûr qu’il trouvera un moyen de m’aider, parce que c’est un homme compatissant. Je prie Dieu pour me faire voir Sir Sam Jonah. C’est un homme bon qui aime vraiment le football. ». Ce SOS est resté sans réponse.
On l’aura remarqué, l’appel à l’aide de Nibombé Waké n’était pas adressé aux autorités togolaises et encore moins relayé par un journaliste togolais. On peut imaginer qu’épuisé de solliciter ses concitoyens sans succès, c’est vers le dirigeant de son ancien club au Ghana que s’est retourné. Pis, cette sortie désespérée de l’ancien gardien de but, n’a pas provoqué un élan de solidarité des Togolais et encore moins des responsables de la Fédération de Football ou des dirigeant du pays, comme on pourrait le voir ailleurs. C’est donc dans l’indifférence que le héros du match Togo-Ghana de la CAN 1998 est passé de vie à trépas, rongé par la maladie et sûrement par de la frustration.
Malheureusement, le cas de l’ancien footballeur n’est pas isolé. D’autres sportifs de renom, ont également connu une triste fin, oublié de tous et ne recevant aucune reconnaissance nationale pour leur exploit. L’ancien défenseur et capitaine de l’équipe nationale Salou Tadjou, a connu un sort similaire. Décédé en 2007 des suites d’une longue maladie, l’ancien joueur de l’AS Douanes, n’avait que 32 ans et était quelque peu passé aux oubliettes.
« Triste nouvelle dans le monde de la boxe togolaise ! Un ancien champion d’Afrique et vice-champion du monde est décédé. John Codjo Mensan, Alias Kpalongo est mort ce mercredi dans sa maison. Pris par l’âge et abandonné à son triste sort, il avait fait la fierté du Togo dans les 70 et 80 avec des combats exceptionnels en remportant le titre de champion d’Afrique et en étant vice-champion du monde dans sa catégorie. Dans les jours sombres de sa vie, il a multiplié des appels à l’endroit du gouvernement togolais ainsi que les dirigeants de la discipline, sans avoir eu de recours. « Je suis le premier boxeur togolais qui a combattu dans la catégorie mondiale. Si les anciens dirigeants ne m’ont rien fait, les nouveaux ne peuvent-ils pas faire quelque chose pour moi ou bien attendent-ils, peut-être, que je meurs pour recouvrir mon cercueil des couleurs nationales », confiait-il à nos confrères de MO5. Ce décès peut être considéré comme une délivrance pour lui et pour son entourage ».
Cet article publié en 2017 par nos confrères d’AfricaTopsports à l’annonce du décès du boxeur « Kpalongo » est une autre illustration de l’absence de reconnaissance et de politique de soutien pour les icônes togolaises.
Dans la musique, on peut citer Alognon Degbevi, surnommé le « philosophe de la musique togolaise ». Star de la musique des années 70 et 90, il mort en 2010, lui aussi dans un quasi anonymat et dans le dénuement, obligé de vendre ses œuvres à la sauvette pour survivre.
Il est peut-être temps pour les autorités togolaises de mettre en place un Fonds d’aide pour les anciennes gloires du sport ou de la culture, afin que s’arrête l’hécatombe.
Boniface T.



