Michaëlle Jean à la tête de l’OIF : le Canada va enfin passer à des relations politiques avec l’Afrique, après l’économique

Afriquinfos Editeur
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Michaëlle Jean laisse très peu de ses interlocuteurs indifférents, au regard de sa beauté plastique. Mais, c’est son intellect qu’elle va mettre au service de l’OIF et ses 77 membres durant les quatre prochaines années. Ancienne journaliste et Gouverneure générale du Canada (poste symbolique et honorifique de Président canadien), Mme Jean a en partie tracé son sillon particulier dans le monde politique canadien sur la base de la réussie diversité canadienne et de ses origines haïtiennes.

Engagée dans la course à la succession d’Abdou Diouf aux côtés de 4 autres candidats masculins, Mme Jean aura finalement « convaincu » le corps électoral de la Francophonie grâce à son programme qui prend en compte tous les défis de l’heure de cette organisation dont les membres se recrutent aux quatre coins de la planète. Les soutiens déterminants de la France et du Canada à la candidature Jean ont aussi pesé in fine.

En Afrique qui concentre la plupart des locuteurs francophones de la planète, Mme Jean sera particulièrement attendue sur deux terrains : l’ancrage de la démocratie et la promotion de la femme !

Mme Jean, une nouvelle vision de la Francophonie…

Sur le plan politique, Mme Jean n’aura essentiellement qu’à conforter les acquis politiques d’Abdou Diouf de ces douze dernières années. L’OIF, sous la houlette du géant ancien président sénégalais se sera essentiellement faite remarquer sur ce tableau en Afrique où elle a réussi à sauver certaines situations périlleuses comme en Centrafrique, au Togo, en Guinée, etc.

En matière de promotion et de défense des droits de la femme par contre, la SG Jean aura fort à faire. Tout singulièrement en Afrique où la question de la «promotion du genre» demeure plus un programme politique qu’une matérialisation.

 Le Canada et les Amériques, plus proches de l’Afrique grâce à Mme Jean

 Au-delà des conjectures sur la gouvernance que va bientôt imprimer Mme Jean à l’OIF, son mandat symbolisera à n’en point douter une occasion de rapprocher un Etat imposant et puissant du Nord (ne disposant pas d’un passé colonial qu’est le Canada) du continent africain.

Ainsi, avec l’accession de Mme Jean au sommet de l’OIF, le Canada se voit offrir une tribune en or pour davantage évoquer ou prendre parti dans les débats politiques passionnés qui secouent régulièrement l’Afrique. Après l’ère de la coopération technique, scientifique, universitaire et économique entre les hétéroclites 5 sous-régions de l’Afrique avec le Canada ces 50 dernières années, le mandat de Mme Jean inaugure une époque entre les deux entités.

Il sera difficile d’en faire autrement, vu la puissance économique du Canada en Amérique du Nord et à l’échelle du monde d’une part, et d’autre part à cause des convulsions politiques géantes qui vont encore secouer l’Afrique au cours des années à venir. Allusion aux débats tranchés sur les Révolutions et la durée des mandats présidentiels sur le continent berceau de l’Humanité, ou encore la gouvernance politique en Afrique au sens premier du terme.

Confier le Secrétariat général de l’OIF à une Américaine est aussi pour l’Afrique une occasion d’approfondir ses relations (politiques, économiques, diplomatiques, etc.) avec cette partie du monde qui a une pléthore d’atouts à lui offrir. L’Amérique du Nord est formée d’un noyau d’Etats développés alors que l’Amérique latine (même dominée par l’Espagnol et le Portugais) symbolise un ensemble de modèles de développement à imiter par les Etats africains !! Les liens multilatéraux et grandissants entre le Brésil et un grand nombre d’Etats africains sont parlants à cet égard…  

Enfin, cette dynamique d’approfondissement de relations entre l’Afrique et les Amériques devrait aussi contaminer les liens entre les Africains et les Asiatiques dont les pays sont de véritables dragons économiques ces 20 dernières années. Tout une somme de boulevards d’opportunités que devrait saisir la nouvelle SG de l’OIF, du haut de sa sagacité d’esprit qu’elle veut mettre à disposition des locuteurs francophones de la planète.

 Jacques Ganyra