Maroc : Avortement, des chiffres alarmants

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La police judiciaire marocaine vient d’effectuer une opération contre l’avortement illégal. Le 27 mai, apprenant qu’une femme se trouvait dans un cabinet pour interrompre une grossesse survenue hors mariage, la police décide d’enquêter et d’agir rapidement. Elle découvre très vite l’identité du médecin pratiquant l’avortement ainsi que ses collaborateurs.

Deux officiers de la police judiciaire, en collaboration avec la police scientifique interviennent alors. Cette opération a permis l’arrestation du médecin, qui effectuait des avortements à la chaine, et de ses assistantes. Menottés, ils ont été conduits à la préfecture de police. Une dizaine de femmes attendaient en salle d’attente pour se faire avorter. Elles ont toutes été conduites à l’hôpital pour être examinées et, si besoin, soignées par des spécialistes.

Au Maroc, l’avortement est interdit. La loi ne tolère que l’avortement spontané ou l’interruption volontaire de grossesse en cas de danger pour la vie de la mère. Le Code Pénal puni sévèrement toute infraction à cette loi. Toute personne ayant tenté, ou provoqué, un avortement (avec ou sans accord de la mère) risque 1 à 5 ans de prison. Une peine qui peut être portée à 20 ans en cas de décès de la femme, et doublée si l’avorteur est récidiviste. De même, toute femme ayant interrompu sa grossesse risque 6 mois à 2 ans de prison. Enfin, les complices d’avortement sont punis de 2 mois à 2 ans de réclusion.

Chacune des personnes interpellées dans le cadre de cette opération pourrait donc aller en prison, y compris les femmes qui attendaient dans la salle d’attente.

Cette arrestation fait resurgir le débat sur l’avortement au Maroc. Elle vient rappeler les derniers chiffres publiés à ce sujet par l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin. Elle affirme que 1.400 avortements clandestins se font chaque jour au Maroc. Un chiffre alarmant sachant que le précédent rapport parlait de 500 à 600 cas quotidiens. Elle rappelle aussi que de nombreuses femmes mettent en péril leur santé et leur vie, en avortant clandestinement, dans des conditions d’hygiène souvent déplorables.

Le sujet est sensible au Maroc, à cause de son caractère religieux. Néanmoins, c’est un véritable problème de société. Beaucoup réclament que l’avortement soit traité par le gouvernement, et que des mesures soient prises pour en limiter la clandestinité. Le 8 mars, lors de la journée de la femme, une internaute résumait la situation sur twitter :

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