Le document a été fortement critiqué par la coordination des mouvements de l’Azawad, qui regrette que l’essentiel de ses positions ne soit pas représenté. Elle a d’ailleurs produit le 1er novembre une contre-proposition axée sur une solution fédérale.
De son côté, Bamako se félicite officiellement de la diligence algérienne mais rechigne à entériner un texte qui, à ses yeux, fait trop de concessions à ses adversaires et l’obligerait à une délicate réforme constitutionnelle. En coulisses, une partie de la médiation internationale exprime de sérieux doutes sur la capacité d’un texte qui renoue avec les « vieilles recettes» pour ramener la paix. Le document qui sert de base à la rédaction d’un accord final est un pas dans la bonne direction, mais il repose pour l’essentiel sur des réponses qui ont déjà montré leurs limites, et comporte encore beaucoup de lacunes.
Il prône ainsi une décentralisation poussée et une présence accrue de l’administration au Nord en négligeant les problèmes internes de l’Etat malien. Ce accord recommande une représentation accrue des populations du Nord au sein de l’administration centrale et « un nombre minimum de postes ministériels, de même que certaines fonctions électives ».
Le texte néglige certains sujets essentiels, il ne dit presque rien des fractures qui minent les communautés du Nord entre elles, et n’ouvre pas de perspective pour bâtir les institutions politiques et sécuritaires qui garantiront une répartition équitable des ressources et des responsabilités entre les communautés du Nord.
Enfin, le texte actuel prévoit un mécanisme de suivi et de financement qui faisait défaut aux précédents accords mais qui ne fait toujours pas l’objet d’un consensus fort. Avant toute signature, les responsabilités de ceux qui se porteront garants de l’accord doivent être clarifiées.
À quelques jours de la reprise des négociations, Alger devrait ouvrir les débats aux experts techniques et à la société civile.
P. Amah



