Mali : l’installation de l’autorité intérimaire annulée

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Kidal (© 2017 Afriquinfos) –L’installation du président de l’autorité intérimaire régionale Prévue samedi à Kidal, au Mali, a été annulée après que les ex-rebelles de la CMA aient changé d’avis.

Evénement symbolique, l’installation du nouveau président de l’autorité intérimaire de la région de Kidal, prévue samedi 18 février à Kidal, a été annulée à la dernière minute. Dans le bastion de l’ex-rébellion, les membres de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), qui contrôlent la région du Nord-Est, ont changé d’avis.

À l’aéroport de Bamako, les dignitaires maliens, les ambassadeurs et représentants de l’ONU et de la communauté internationale étaient prêts à embarquer pour Kidal quand la nouvelle est tombée. Un organisateur explique que le drapeau du Mali était dans les bagages, prêt à être hissé de nouveau sur la ville rebelle. Mais après une réunion de crise dans les salons VIP de l’aéroport, la délégation a annoncé l’annulation de l’évènement.

Après un an et demi de retard dans les nominations des autorités intérimaires régionales, c’est un signal extrêmement négatif qu’envoient les ex-rebelles, déplore un membre de la médiation internationale. « Comment voulez-vous avancer avec des interlocuteurs comme ceux-là ? », lâche un autre membre de la délégation.

Rétablir l’autorité de l’État

Les conseils régionaux intérimaires, dont les présidents récemment nommés sont issus du gouvernement, de la CMA et de la Plateforme pro-Bamako, doivent rétablir l’autorité de l’État et préparer les élections, par la population, d’Assemblées dotées de pouvoirs importants. L’implication des mouvements armés, signataires des accords de paix d’Alger de 2015, a une portée fortement symbolique.

Et la voie semblait libre pour l’investiture de Hassan Ag Fagaga, membre de la CMA, désigné mercredi 15 février unanimement par les membres signataires de l’accord d’Alger. Mais un décret du conseil des ministres, publié tard vendredi soir, a changé la donne : le gouvernement malien, sous la pression du groupe armé de la Plateforme, a également nommé un nouveau gouverneur pour Kidal, Sidi Mohamed Ag Ichrach. Une décision tardive qui n’a pas plu aux ex-rebelles, qui ont donc décidé de boycotter l’investiture du samedi matin.

Les présidents des quatre autres autorités intérimaires, à Gao, Tombouctou, et dans les nouvelles régions de Ménaka et Taoudeni, doivent avoir lieu en début de semaine prochaine. Mais plusieurs mouvements ont dénoncé les nominations de présidents, dénonçant l’absence de concertation. La branche du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) au sein de l’ex-rébellion « rejette catégoriquement toute tentative d’imposer un président au collège transitoire » de Taoudéni, selon un communiqué de ce groupe consulté par l’AFP.

Vignikpo Akpéné