Mahi Traore, auteure, première Africaine Proviseure d’un Lycée parisien

Auteure et écrivaine, la Franco-malienne Mahi Traoré fait partie de ces femmes qui ne se contentent pas de constater les injustices.

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Mahi Traore, auteure, première Africaine Proviseure d'un Lycée parisien
Mahi Traoré (photo, DR).

Paris (© 2026 Afriquinfos)- Auteure et écrivaine, la Franco-malienne Mahi Traoré fait partie de ces femmes qui ne se contentent pas de constater les injustices. Première femme noire à devenir cheffe d’établissement à Paris, elle s’engage avec une détermination sans faille pour bâtir une société plus équitable, inclusive et profondément humaine.

Née à Bamako, au Mali, elle grandit entre deux continents: l’Afrique de ses racines et la France de ses combats. Revenue à Paris en 1994 pour poursuivre ses études à La Sorbonne, elle s’y forge un parcours exemplaire dans l’éducation nationale, jusqu’à devenir la première femme noire d’origine africaine à diriger un Lycée à Paris.

Aujourd’hui Proviseure du « Lycée des Métiers d’Art du Verre et des Structures Verrières de Paris », établissement emblématique du savoir-faire français, Mahi Traoré entre non seulement dans l’histoire, mais insuffle également une énergie nouvelle et audacieuse. Elle transforme la vie scolaire en un espace de citoyenneté, de créativité et d’égalité: organisation d’élections étudiantes menées comme de véritables campagnes; coaching et accompagnement du personnel; valorisation du bien-être au travail; défense intransigeante de la laïcité et de l’égalité femmes-hommes.

Également écrivaine, elle met sa plume au service de la vérité et de la justice. En 2021, elle publie « Je suis noire mais je ne me plains pas, j’aurais pu être une femme » (chez Robert Laffont), un récit lucide et puissant sur l’identité, l’égalité et le refus de la victimisation.

En octobre 2024, elle poursuit avec un ouvrage coup-de-poing: « Moi, proviseure… Journal impertinent d’une cheffe d’établissement combative« . Dans ce témoignage inspirant, vif et sans concession, elle dévoile les coulisses du quotidien scolaire, partage les dilemmes d’une cheffe d’établissement et esquisse une vision: celle d’une école de la confiance, ancrée dans la réalité sociale, mais tournée vers l’espérance.

Au-delà de son métier et de ses livres, Mahi Traoré est une voix qui porte. Elle intervient dans des rencontres internationales telles que la « Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) » et « Les Jeudis du Pouvoir » où elle met en lumière des femmes d’exception. Et défend des initiatives porteuses de changement.

Plus qu’une Proviseure ou une autrice, elle est une constructrice de ponts: entre l’école et la société, entre les règles et l’humanité, entre la rigueur et l’espérance. À travers son métier, ses écrits et sa parole libre, elle incarne une génération de femmes qui osent transformer le réel. Parce que, pour elle, agir, c’est déjà espérer. Et espérer, c’est ne jamais renoncer!

France, toujours terre de racistes

Devant l’école, on la prend pour la nounou; si elle et se tient devant la loge du Lycée, on la prend pour la dame de service, ou pour une surveillante si elle accompagne des élèves en sortie scolaire. « Malheureusement, ça arrive encore, mais nous sommes dans la projection de ce qu’on appelle les chaînes de pensées et des micro-agressions, qui sont des agressions quotidiennes que toutes les personnes dites de la minorité peuvent rencontrer quotidiennement dans leur vie« , souligne-t-elle.

« Ces choses-là doivent être dénoncées« , martèle Mahi Traoré. « Elles doivent être dites, mais avec humour, et aussi avec ce profond sérieux qui est de faire de la pédagogie et d’amener petit à petit l’éveil des esprits, l’éveil des consciences sur le fait qu’on n’a pas une couleur, un genre, mais qu’on est avant tout des humains, et rien que des humains« , souligne celle qui a été nommée « Proviseure du lycée privé Lucas-de-Nehou », dans le Vè arrondissement de Paris, en septembre 2024.

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