L’Opposition nigériane s’unit singulièrement en prélude aux élections générales de 2027 contre l’APC 

Si l’APC, le parti au pouvoir, s’attendait à un boulevard lors des élections générales prévues en janvier 2027 au Nigeria, il va devoir revoir ses plans.

Afriquinfos Editeur
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L'Opposition nigériane s'unit singulièrement en prélude aux élections générales de 2027 contre l'APC
Les leaders de l'opposition du Nigeria (photo, DR).

Ibadan (© 2026 Afriquinfos)- Si l’APC, le parti au pouvoir, s’attendait à un boulevard lors des élections générales prévues en janvier 2027 au Nigeria, il va devoir revoir ses plans. Le week-end écoulé, 14 partis d’oppositions ont annoncé un accord visant à présenter des candidats uniques à tous les niveaux des scrutins à venir dont la Présidentielle. De quoi faire barrage à la domination du parti de Bola Ahmed Tinubu sur l’échiquier politique national.

Alors que le Nigeria se dirige vers des élections générales en janvier 2027, l’All Progressives Congres (APC) affiche sa toute puissance. Ayant ces derniers mois, bénéficié de nouvelles adhésions notamment celles de gouverneurs élus sous d’autres bannières politiques, le parti au pouvoir contrôle désormais 31 des 36 États nigérians.  

Une domination que n’entendent pas laisser sans rien faire, l’opposition et la société civile qui la considère comme une dérive dangereuse pour la démocratie nigériane. « Le Nigeria ne peut pas être un État à parti unique. Nous ne permettrons pas, même à Tinubu lui-même, de tourner la démocratie en dérision », affirme Precious Oruche, militante des droits humains.

C’est dans cette optique également que 14 partis d’opposition se sont réunis à Ibadan dans le sud-ouest du Nigeria, et annoncé qu’ils allaient coordonner leurs candidatures pour les élections générales de 2027, y compris pour la présidentielle.

Les assises d’Ibadan se sont tenues autour du thème: «Que nous puissions travailler ensemble pour une opposition unie afin de préserver notre démocratie». Des figures majeures de l’opposition y ont pris part. à l’instar de Peter Obi, arrivé troisième lors de la présidentielle de 2023, l’ancien vice‑président Atiku Abubakar, l’ancien Gouverneur de l’État de Kano Rabiu Kwankwaso. Ou encore l’ex‑ministre des Transports Rotimi Amaechi, le sénateur David Mark, le Professeur Pat Utomi, Pr Jerry Gana ainsi que Kabiru Turaki, dirigeant au niveau national du Parti démocratique populaire (PDP).

Le Gouverneur de l’Etat d’Oyo Seyi Makinde, qui a ouvert les travaux, a dressé le tableau de la situation politique actuelle au Nigeria et fait part de ses inquiétudes: «Aujourd’hui, au Nigéria, nous assistons à une concentration politique qui devrait tous nous inquiéter. Une large majorité des gouvernements des États sont alignés sur un seul parti. Des efforts sont déployés ouvertement pour consolider le contrôle législatif entre les mains d’un seul parti…Parallèlement, les partis d’opposition sont de plus en plus englués dans des crises internes et des batailles juridiques qui soulèvent de sérieuses questions quant à leur capacité à fonctionner efficacement». Et d’ajouter que «cette réunion porte sur un enjeu plus fondamental: la survie d’un système qui permette au Nigéria de rester ouvert, compétitif et responsable. Car une démocratie sans opposition n’est pas une démocratie. C’est une lente dérive vers un État à parti unique. Et le Nigéria ne doit pas emprunter cette voie».

Aussi à Ibadan, l’objectif était-il pour les 14 partis d’opposition de regarder dans une même direction. Dans le communiqué commun qui a sanctionné leurs travaux, les participants ont insisté sur 9 points dont deux cruciaux: d’une part, une demande auprès de l’Assemblée nationale pour revoir certaines dispositions de la loi électorale de 2026 que les signataires estiment susceptibles d’affaiblir la fiabilité du processus électoral. D’autre part, une requête adressée à la Commission électorale indépendante (INEC) pour reporter à la fin juillet le délai fixé pour la tenue des primaires des partis.

On peut également y lire que «nous nous efforcerons de présenter un candidat unique à la présidence pour les élections de 2027, candidat qui sera accepté et soutenu par tous les partis d’opposition participants, afin de sauver notre nation et ses masses qui souffrent depuis si longtemps». Que Bola Ahmed Tinubu se tienne donc bien, l’Opposition nigériane n’a pas encore dit son dernier mot.

Boniface T.