Paris (© 2025 Afriquinfos)- Le Groupe d’action financière (GAFI), principal organisme mondial de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, a annoncé vendredi 24 octobre, le retrait du Burkina Faso, du Nigeria, de l’Afrique du Sud et du Mozambique de sa liste de surveillance renforcée, communément appelée liste grise.
Cette décision reflète les réformes mises en œuvre pour renforcer la supervision financière, améliorer la transparence et stimuler la confiance des investisseurs.
La décision, prise à l’issue de la réunion plénière du GAFI à Paris, était très attendue. Selon l’organisation, ces quatre États ont accompli « des progrès significatifs dans la mise en œuvre de réformes structurelles » pour renforcer la transparence et la conformité de leurs systèmes financiers.
Le Burkina Faso, inscrit depuis février 2021, a amélioré la surveillance du secteur bancaire et des professions non financières réglementées. Le Burkina a été félicité pour l’engagement politique fort et bien sûr tout ce qui a été fait en termes d’actions et la sortie du Burkina a été actée ce matin en ce qui concerne sa présence sur la liste grise du GAFI
Depuis son inscription sur la liste grise en février 2021, le Burkina Faso a mis en œuvre 40 mesures pour renforcer la transparence financière et la régulation du secteur. Parmi les réformes majeures : la création d’un registre électronique des bénéficiaires effectifs et l’adoption d’une législation renforçant la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Le Nigeria, ajouté en février 2023, a modernisé son cadre réglementaire et renforcé la coordination entre institutions. L’Afrique du Sud a perfectionné ses dispositifs de détection du blanchiment et du financement du terrorisme, tandis que le Mozambique a accru le partage d’informations entre agences et le suivi des transactions transfrontalières.
En Afrique du Sud, la réaction des marchés a été immédiate : le rendement des obligations souveraines à dix ans a légèrement reculé et le rand s’est apprécié face au dollar, traduisant un regain de confiance des investisseurs. Pour le Nigeria, la mesure devrait faciliter les transferts de fonds de la diaspora, évalués à près de 20 milliards de dollars par an, et réduire les coûts de transaction pour les banques locales.
Les économistes estiment que cette sortie de la liste grise pourrait rendre les quatre pays plus attractifs pour les investissements directs étrangers (IDE) et alléger les contraintes sur les flux de capitaux, dans un contexte mondial où la conformité financière devient un facteur clé d’intégration économique.
Le GAFI rappelle néanmoins que cette sortie ne constitue pas une exonération durable : les pays concernés devront poursuivre leurs réformes et rester soumis à des évaluations périodiques.
Pour l’Afrique, où plusieurs pays figurent toujours sur la liste grise, cette décision montre une dynamique positive en matière de gouvernance financière et de lutte contre les flux illicites, estimés à près de 90 milliards de dollars par an, selon la CNUCED.
Les juridictions faisant l’objet d’une surveillance renforcée travaillent activement avec le GAFI pour remédier aux défaillances stratégiques de leur régime de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération. Lorsque le GAFI place une juridiction sous surveillance renforcée, cela signifie que le pays s’est engagé à résoudre rapidement les défaillances stratégiques identifiées dans les délais convenus et qu’il fait l’objet d’une surveillance renforcée. Cette liste est aussi connue sous le nom de « liste grise».
Le GAFI et les organismes régionaux de type GAFI (ORTG) continuent de travailler avec les juridictions qui rendent compte des progrès accomplis dans la résolution de leurs défaillances stratégiques. Le GAFI appelle ces juridictions à achever leurs plans d’action rapidement et dans les délais convenus.
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