Les sujets de coopération à continuer à faire maturer entre le Togo et la France selon Augustin Favereau 

Afriquinfos Editeur
9 Min de Lecture
Augustin Favereau prononçant son dernier discours du 14 juillet à Lomé (DR)

Lomé  (© 2026 Afriquinfos)- Après quatre années de mission, le français, Augustin Favereau quitte le territoire togolais en tant qu’Ambassadeur de France au Togo. Saluant une coopération franco-togolaise ‘’particulièrement active’’, et un partenariat renouvelé entre les deux pays, au cours de son mandat, le diplomate a exhorté les deux parties à continuer par faire brûler cette flamme entre les deux pays et dans un sens plus élargi, entre l’Afrique et l’Europe.

Tout en saluer la dynamique des échanges entre parlementaires et surtout au niveau des collectivités territoriales lors de la récente visite de Jean Noël Barrot au Togo, couronnés par les rencontres annuelles de Cités-Unies France qui viennent de se terminer et dont le Togo était le pays invité d’honneur avec la présence d’une très belle et forte délégation,  M. Favereau a affirmé que la coopération décentralisée, n’était pas que synonyme de visites. ‘’Nous sommes engagés dans un partenariat structurant sur la décentralisation que nous venons de renouveler avec le Ministre Awaté, la FCT dont je veux saluer ici l’action fondamentale’’, a-t-il affirmé, tout en martelant ceci : ‘’La dynamique est d’abord politique et Ne laissons pas cette dynamique s’essouffler !’’,a-t-il fait remarquer.

S’agissant du ‘’partenariat renouvelé entre la France et le Togo’’, le diplomate le décrit comme celui-là qui ‘’évolue, qui se transforme, à l’image du Togo lui-même, notamment avec la visite du Ministre le Ministre de l’Europe et des affaires étrangères, M. Jean-Noël Barrot en avril dernier, qui intervient 24 ans après la dernière visite d’un ministre des affaires étrangères français au Togo, a témoigné du re-positionnement de nos relations politiques au niveau le plus élevé possible’’, a déclaré M. Favereau qui s’exprimant dans son discours en marge du 14 juillet (célébration de la Fête nationale française à Lomé), le dernier qu’il célébrait au Togo.

Et de poursuivre : ‘’Il en va de sa défense voire de sa survie, dans un monde où les modèles sont dans une compétition de plus en plus brutale. Ce modèle, quel est-il ? La coopération plutôt que la coercition. Le dialogue plutôt que les invectives et les menaces. Le droit international et le multilatéralisme plutôt que la force brute. L’autonomie stratégique plutôt que l’impérialisme, qu’il soit sécuritaire, économique ou culturel.  Ce modèle ne peut s’imposer que sur la base d’un partenariat euro-africain renouvelé, fondé sur le respect, l’échange et l’équilibre, dans tous les domaines. C’est là la conviction du PR qui depuis près de 10 ans dans le cadre de l’agenda de Ouagadougou, a souhaité apporter sa pierre à cet édifice euro-africain’’.

Par ailleurs, a avancé le diplomate français, les enjeux d’un tel partenariat vont bien au-delà de projets aussi importants fussent-ils pour les deux pays. ‘’Ce partenariat dynamique passe par la coopération décentralisée avec d’éminents représentants des territoires français dont, la région Bourgogne-Franche-Comté et la ville comme la métropole de Dijon. se veut aussi une contribution à la croissance, à l’emploi, à l’innovation et aux investissements solidaires et durables au Togo comme en Afrique de l’Ouest’’.

Adressant  sa gratitude à l’équipe de France au Togo qu’il pilote jusque-là, le diplomate leur a  demandé de continuer par œuvrer en faveur de ce partenariat, avec la même ardeur.

Zoom sur le catalogue des actions de la France au Togo

Le groupe AFD est la pierre angulaire de cette dynamique partenariale parce qu’avec tous les partenaires techniques et financiers, il s’inscrit pleinement dans le cadre des priorités de développement économique définies par les autorités togolaises.

2 exemples particulièrement emblématiques de l’action du groupe AFD au Togo et de l’esprit partenarial selon le diplomate sont : – L’eau et l’assainissement. D’ailleurs, a-t-il précisé : ‘’en février dernier, face à la pénurie d’eau à Kara, l’AFD s’est mobilisée, à la demande du Gouvernement, permettant la réalisation de 32 forages,   la gestion des déchets, sur l’ensemble de la chaîne, qui va du renforcement des capacités des administrations et des collectivités locales (GEDEC), au co-financement d’un centre d’enfouissement technique d’Aképé dans le Nord de Lomé, construit et opéré par l’entreprise française Eiffage. Eiffage comme d’autres entreprises, grands groupes, ETI et PME, présentes au Togo incarne l’esprit comme la réorientation de notre partenariat économique avec le continent africain, dont les piliers sont l’équilibre, l’innovation, les co-investissements, la création de valeur économique et industrielle bien sûr mais aussi sociale et environnementale. C’est l’esprit qui anime notre tissu économique franco-togolais qui rassemble 100 entreprises, 10 000 salariés, 1 Mds€ de CA cumulé’’.

3 secteurs-clés ont renforcé le partenariat Lomé Paris : Les infrastructures qui comprennent la  construction des 21 ponts de désenclavement par la société Matière, sur un financement du Trésor français ;  La santé, qui a fait intervenir, avec le Groupe Ellipse, le meilleur de l’offre française de conception et de construction d’hôpitaux modernes, à Lomé comme à Kara. Au-delà de l’infrastructure; Le numérique, secteur d’excellence pour les deux pays et dont la pierre angulaire a été le lancement, de l’école 42 à Lomé de formation aux métiers du numérique et de l’IA, la première de l’espace ouest-africain.

Les industries culturelles et créatives

’Enfin, pour illustrer cette dynamique je termine par, sinon le plus important du moins personnellement ce qui me tient le plus à cœur : les industries culturelles et créatives, la culture et le patrimoine. Avec Togo Créatif, dispositif unique au monde de renforcement des capacités et de structuration des ICC au Togo, financé par l’UE et mis en œuvre par l’Institut français et le Goethe Institut, nous contribuons à la montée en puissance d’une économie créative togolaise, qui, là aussi, a une vocation de plateforme, au moins régionale. Je me tourne vers mes partenaires et co-financeurs européens pour appeler de mes vœux un plan d’action rapide pour déterminer l’après Togo Créatif’’ ‘, s’est confié Augustin Favereau.

J’ai pu dire ce soir à quel point nous comptions sur le Togo. Mais bien sûr, le Togo doit savoir qu’il peut compter sur nous : – Nous un partenaire européen de confiance, fiable, durable, engagé et respectueux-, a également souligné le diplomate.

Revenant sur le sommet Afrique-France qui s’est tenu sur le continent africain à Nairobi les 11 et 12 mai, ‘’cette rencontre a témoigné de la réalité de ce changement de prisme. Mais rien n’est gagné et le travail, à tous les niveaux, doit continuer. Et c’est là que notre partenariat intervient : chaque contribution, aussi modeste soit-elle, compte. Nous pouvons faire effectivement beaucoup. D’abord parce qu’au-delà de nos pays, au-delà de notre partenariat bilatéral, c’est bien d’Europe et d’Afrique qu’il s’agit’’, a conclu le diplomate français qui rejoindra prochainement l’administration centrale à Paris.

Pour l’une de ses dernières visites au Togo, M. Favereau s’est à Aného où la coopération française a été particulièrement active. Qu’il s’agisse de la décentralisation ou de la culture avec le Musée d’histoire du Vodou et des arts qui ouvrira bientôt ses portes.

Son successeur à Lomé est l’actuel ambassadeur de France en Guinée équatoriale.

Vignikpo Akpéné