Abidjan (© 2026 Afriquinfos)- Publié le mardi 10 février 2026, l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025 de Transparency International dresse à nouveau le tableau de la corruption dans le secteur public dans plus de 180 pays. Ce classement confirme que l’Afrique reste l’une des régions les plus touchées par ce fléau. Avec des derniers de la classe et des reculs inquiétants dans certains pays.
Transparency International le fait savoir dans son IPC 2025, la corruption a encore de beaux jours devant lui à travers le monde. «La corruption s’aggrave à l’échelle mondiale, même les démocraties établies étant confrontées à une recrudescence de la corruption dans un contexte de déclin de leurs dirigeants», lit-on dans l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025 de Transparency International.
En Afrique, le fléau a le vent poupe, malgré quelques progrès notables dans certains pays. Comme dans tous les classements, les bons élèves tirent la moyenne vers le haut. Pour ce cru 2025, avec des scores supérieurs à 50/100, signifiant que leurs secteurs publics sont perçus comme relativement plus intègres que la moyenne africaine, les Seychelles, le Cap‑Vert, le Botswana, le Rwanda et Maurice, sont à mettre dans cette catégorie.
Du côté des pays africains où la perception de la corruption est élevée figurent : le Soudan du Sud (9 points/100, 181e mondial), la Somalie (9 points/100, 181e mondial), la Libye (13 points/100, 177e mondial), l’Érythrée (13 points/100, 177e mondial), le Soudan (14 points/100, 175e mondial), la Guinée équatoriale (15 points, 172e), le Burundi (17 points, 167e), la RDC (20 points, 163e), les Comores (20 points, 163e) et le Mozambique (21 points, 161e).
Et puis, il y a les pays dont le score connaît un recul. C’est le cas du Bénin qui malgré que son score soit resté stable à 45/100, a vu son classement dégradé, passant de la 69ᵉ à la 70ᵉ position parmi les 182 pays et territoires évalués. La Côte d’Ivoire, 69ème en 2024 est désormais 76ème dans l’IPC 2025. Le Nigeria, première économie d’Afrique en termes de PIB nominal selon la Banque mondiale, se classe au 142e rang mondial.
L’élaboration de l’IPC se base sur des questionnaires soigneusement conçus et calibrés pour recueillir des données sur les pots-de-vin, le détournement de fonds publics, la prévalence de fonctionnaires utilisant la fonction publique à des fins privées sans subir de conséquences, la capacité des gouvernements à endiguer la corruption et à appliquer des mécanismes d’intégrité efficaces dans le secteur public.
Ou encore les formalités administratives et les contraintes bureaucratiques excessives qui peuvent accroître les opportunités de corruption, les nominations basées sur le népotisme plutôt que sur la méritocratie dans la fonction publique, les poursuites pénales efficaces contre les fonctionnaires corrompus, l’existence de lois adéquates sur la divulgation financière et la prévention des conflits d’intérêts pour les fonctionnaires.
Tout comme la protection juridique des lanceurs d’alerte, des journalistes et des enquêteurs lorsqu’ils signalent des cas de corruption et de versement de pot-de-vin, la captation de l’État par des intérêts particuliers étroits ou encore l’accès de la société́ civile aux informations sur les affaires publiques
S. B.



