Les nouveaux droits de douane des USA envers plusieurs Etats africains exaspèrent plusieurs dirigeants

Afriquinfos Editeur
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Etiquetage de jeans destinés au marché américain dans l'usine United Aryan dans la périphérie de Nairobi, au Kenya, le 4 février 2025.

Les nouveaux droits de douane de 30% imposés par les États-Unis sur les importations sud-africaines sont préoccupants et soulignent le besoin urgent d’un nouvel accord commercial bilatéral, a déclaré jeudi 03 avril le Président sud-africain Cyril Matamela Ramaphosa. Plusieurs autres grosses économies d’Afrique s’inquiètent aussi de cette nouvelle donne commerciale.

D’autres pays africains ont été visés par des « tarifs réciproques » bien au-dessus du nouveau taux plancher de 10% décrété par Washington: 47% pour Madagascar, 40% pour l’île Maurice, 37% pour le Botswana, 30% pour la Guinée équatoriale et 30% pour l’Afrique du Sud. Le Gouvernement malgache a de son côté déclaré jeudi 03 avril 2025 avoir contacté l’ambassade des Etats-Unis pour « demander des éclaircissements et étudier les possibilités d’ajustement de ces nouvelles barrières tarifaires ».

Fabrication de jeans destinés au marché américain dans l’usine United Aryan dans la périphérie de Nairobi, au Kenya, le 4 février 2025.

Le gouvernement « mobilisera tous les leviers diplomatiques et commerciaux pour obtenir une révision de ces mesures », a-t-il poursuivi l’Etat malgache. Le Kenya, qui s’est vu de son côté imposer un taux plancher de 10%, a indiqué que les nouveaux tarifs présentaient « à la fois des défis et des opportunités », lui donnant un « avantage concurrentiel » par rapport aux autres pays exportateurs de textile frappés par des taux beaucoup plus élevés. Les annonces du 02 avril de Donald Trump font aussi craindre la fin de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act, un accord commercial promulgué en l’an 2000) qui permet d’exporter certains produits africains aux Etats-Unis sans droits de douane, et qui doit être réexaminé en septembre prochain. Une trentaine de pays africains bénéficient de cette loi AGOA.

Etiquetage de jeans destinés au marché américain dans l’usine United Aryan dans la périphérie de Nairobi, au Kenya, le 4 février 2025.

 Cas particulier de la première industrie du continent africain

Les États-Unis sont le deuxième partenaire commercial de l’Afrique du Sud et des dizaines de milliers d’emplois dépendent de cette relation, le secteur automobile comptant parmi les principales exportations sud-africaines. L’Afrique du Sud reste engagée dans une relation commerciale mutuellement bénéfique avec les États-Unis, a déclaré C. Ramaphosa après les annonces de Donald Trump. Cependant, les « droits de douane unilatéralement imposés et punitifs sont une préoccupation et constituent des barrières au commerce et à la prospérité partagée », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Ils mettent en évidence « l’urgence de négocier un nouvel accord commercial bilatéral et mutuellement bénéfique avec les États-Unis, comme une étape essentielle pour assurer la prévisibilité commerciale à long terme », poursuit-il. Début février 2025, le Gouvernement Trump avait ciblé l’exécutif sud-africain, gelant son aide et l’accusant de pratiquer une politique foncière anti-blanche, l’ambassadeur de Pretoria à Washington étant même expulsé à la mi-mars.

L’Afrique du Sud souhaite maintenir l’accord commercial AGOA (African Growth and Opportunities Act) qui permet un accès préférentiel au marché américain à de nombreux pays africains et doit être renouvelé cette année (en septembre 2025). Le pays est le premier est exportateur hors-pétrole dans le cadre de l’AGOA avec 3,6 milliards de dollars en 2023, dont une grande partie dans l’automobile. Environ 86.000 emplois sont directement liés à l’AGOA chez les constructeurs automobiles et même 125.000 en incluant les sous-traitants, selon les responsables du secteur.

Les États-Unis ont également imposé des droits de douane de 25% sur les automobiles importées, entrés en vigueur dès jeudi 03 avril 2025.

© Afriquinfos & Agence France-Presse