Venus en force à cette rencontre, les Ministres des Finances ont présenté un appel fort aux décideurs pour qu'ils encouragent davantage l'industrialisation. Pour y parvenir, ils ont appelé à renforcer l'intégration, réduire la dépendance vis-à-vis des acteurs externes, et à s'approprier davantage le projet africain commun, conformément aux objectifs de l'Agenda 2063 et au plan d'action de l'Union Africaine. Ils ont également souligné la nécessité de parvenir à une position africaine commune en vue de la troisième Conférence sur le Financement du Développement, de COP21 et des Objectifs de Développement social post 2015.
Une Afrique unie requiert une collaboration urgente pour la mise en place de l'intégration régionale et la volonté politique de concrétiser cette dernière, a annoncé le Président Kagamé à l'occasion de son discours d'ouverture. Soulignant l'importance de compter sur soi et la nécessité de mieux utiliser les ressources domestiques, il a déclaré: "Cette réunion est un bon point de départ si nous l'utilisons sagement pour déterminer où va l'Afrique.
Il est important de revoir nos plans pour comprendre pourquoi nous ne sommes pas encore parvenus aux résultats que nous visons. Pour donner une impulsion nouvelle au développement, il est nécessaire de cesser de le considérer comme un objectif qui ne peut être réalisé qu'avec des ressources externes. Nous devons nous focaliser sur l'optimisation de ce dont nous disposons déjà, en interne, au niveau de nos marchés nationaux et régionaux ».
"Appliquer l'Agenda 2063 nécessitera des ressources financières significatives, et nous devons rechercher dans les ressources domestiques de quoi le financer. Je suis sûr que l'Afrique dispose de ressources publiques et privées inexploitées qui suffiraient à répondre aux besoins. Si nous voulons conserver la croissance remarquable enregistrée au niveau du Continent au cours de la dernière décennie, il est absolument nécessaire de compter davantage sur les ressources domestiques, leur mobilisation devrait être en tête des priorités et bénéficier d'une plus grande attention dans nos discussions, aujourd'hui et à l'avenir ».
Carlos Lopes, Secrétaire Exécutif de la CEA, a souligné la nécessité d'établir un lien entre l'industrialisation et le commerce pour satisfaire les besoins de l'Agenda 2063: "Durant les quinze dernières années, nous avons assisté à des niveaux de croissance relativement élevés, tirés par un super cycle des matières premières et une forte demande interne émanant d'une classe moyenne en expansion. L'Afrique dépend encore des produits primaires pour le gros de ses recettes d'exportation. Il existe aujourd'hui un large consensus selon lequel, en l'absence d'économies diversifiées, l'Afrique restera exposée à des chocs exogènes et prisonnière du paradoxe de taux de croissance élevés coexistant avec des taux importants de chômage et de pauvreté extrême ».
La session s'est terminée sur un appel du Président Kagame, qui a appelé les participants à réaliser l'urgence de la situation : "Nous avons décidé où nous voulons être dans 50 ans. Il semble que nous avons tout ce qu'il faut pour réaliser les objectifs de l'Agenda 2063 à part le sentiment de l'urgence de la situation ».
Mise en place en 1958, la CEA fait partie des cinq commissions régionales du Conseil Economique et Social (ECOSOC) des Nations Unies et a pour mandat de promouvoir le développement économique et social de ses Etats membres, soutenir l'intégration intra régionale, et la coopération internationale en faveur du développement de l'Afrique.



