Le Sénégal s’accroche toujours à sa facilitation auprès de l’AES, au nom de la CEDEAO

Afriquinfos Editeur
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Le Président Diomaye Faye aux côtés de Ibrahim Traoré (DR)

Dakar (© 2025 Afriquinfos)- Le Sénégal entend jouer un « rôle de passerelle et d’apaisement » entre la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et les pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES), a déclaré le chef de la diplomatie sénégalaise.

Pour le compte de l’année diplomatique 2026, le pays de Bassirou Faye entend miser sur une « Afrique responsable, engagée et indépendante, capable de dialoguer avec tous, tout en défendant ses intérêts dans un esprit de paix, de stabilité et de développement durable ». C’est la seule solution idoine, aux yeux du ministre Niang, pour émerger et se faire une place dans le multilatéralisme contemporain.

« Sans rigidité ni posture ostentatoire, le Sénégal privilégie une diplomatie de dialogue, fondée sur l’écoute et le respect de la souveraineté des Etats. Il s’attache ainsi à maintenir des canaux de communication ouverts« , a indiqué Cheikh Niang, ministre sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, dans une interview accordée lundi au quotidien L’Observateur.

Abordant la question du retour formel des pays de l’AES au sein de la CEDEAO, le ministre a affirmé que son pays adoptait « une approche réaliste et progressive ».

« Il ne s’agit ni de forcer un calendrier politique irréaliste, ni d’ignorer les divergences profondes, mais de créer les conditions d’une reconnexion politique graduelle, fondée sur la confiance et des intérêts partagés. Surtout, le Sénégal œuvre activement à préserver la fluidité des relations fonctionnelles entre la CEDEAO et les Etats de l’AES, indépendamment des désaccords institutionnels« , a-t-il expliqué.

Selon lui, dans un monde marqué par de profondes recompositions géopolitiques, le Sénégal « défend une approche africaine unifiée et proactive, valorisant le multilatéralisme et le respect strict du droit international ».

« L’Afrique doit non seulement protéger sa souveraineté et ses intérêts stratégiques, mais aussi être capable de négocier d’égal à égal avec tous les acteurs internationaux, tout en restant fidèle à ses priorités de développement et de stabilité régionale. Pour le Sénégal, il s’agit pour l’Afrique de rester un acteur responsable, engagé et indépendant, capable de dialoguer avec tous, tout en défendant ses intérêts dans un esprit de paix, de stabilité et de développement durable« , a ajouté le ministre.

Le Sénégal s’est vu confié la facilitation confiée fin 2024 aux présidents sénégalais, Bassirou Diomaye Faye et togolais, Faure Gnassingbé par la CEDEAO pour ramener à la raison les 3 pays de l’AES qui ont quitté formellement la communauté ouest-africaine depuis fin janvier 2025.

V.A.