Le 1er Officier des FAT et 3è Président du Togo enfin honoré à la hauteur de son immense talent et de son legs!

Afriquinfos Editeur
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Kleber Dadjo (DR-Afrikdepêche.tg )

Kara (© 2026 Afriquinfos)- Après avoir longtemps fait l’objet de débats, l’hommage National tant réclamé en mémoire du Colonel Kléber Dadjo est désormais réalité. Une cérémonie, marquée par l’inauguration d’un mausolée érigé en sa mémoire, s’est tenue ce mercredi 12 août 2026 à Siou, dans la préfecture de Doufelgou, région de la Kara.

Premier Officier de l’armée (1933-1967)  et 3ème  Président de la République (13 janvier au 13 avril 1967), après le renversement du Président Nicolas Grunitzky, Kleber Dadjo a  rejoint ainsi les grandes figures nationales inscrites dans la mémoire collective nationale. Son souvenir a été ravivé, mercredi 12 août 2026 à Siou (470  au nord Lomé), dans la préfecture de Doufelgou, où la Nation togolaise lui a rendu un hommage solennel à travers l’érection d’un mausolée destiné à perpétuer sa mémoire.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre des réparations mémorielles conduites par le Haut-Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale (HCRRUN). Elle répond à la recommandation n° 46 de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), qui préconise de rendre hommage aux personnalités disparues ayant marqué l’histoire du Togo.

La cérémonie, a réuni le Président du Sénat, représentant le Président du Conseil, des membres du gouvernement, des Présidents d’institutions, des Parlementaires, des responsables civils et militaires, ainsi que des autorités religieuses et traditionnelles. La grande famille Dadjo et les populations de Doufelgou ont également pris part à l’événement.

Dans son mot de bienvenue, le gouverneur de la région de la Kara, le Général de Brigade Komlan Adjitowou, a souligné la portée nationale de cette cérémonie. Il a également précisé que la construction de ce mausolée constitue un acte supplémentaire dans la volonté de préserver la mémoire des grandes figures de l’histoire du Togo. Le lieu devra servir d’espace de recueillement et de transmission des valeurs de patriotisme, de devoir, de dialogue et de paix aux générations futures.

La Présidente du HCRRUN, Mme Awa Nana-Daboya, a rappelé que l’hommage au Colonel Kléber Dadjo s’inscrit dans le processus national de réconciliation et dans la mise en œuvre des recommandations de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR).

 ‘’C’est dans cette perspective que le HCRRUN a élaboré, dès 2020, un projet d’hommage au Colonel Kléber Dadjo. La réalisation du mausolée constitue aujourd’hui l’aboutissement de cette démarche’’, a-t-elle précisé.

Pour Mme Awa Nana-Daboya, cette infrastructure, financée sur le budget national, n’est pas un simple monument funéraire. Elle représente un lieu où la Nation assume son histoire, honore ceux qui l’ont servie et transmet aux nouvelles générations les enseignements du passé.

La Présidente du HCRRUN a insisté sur la nécessité de faire de la mémoire, un instrument de paix et de cohésion nationale. Elle a salué la collaboration de la famille Dadjo et invité les populations de Doufelgou, particulièrement celles de Siou, à préserver ce patrimoine.

En clôturant son intervention, Mme Awa Nana-Daboya a rappelé une déclaration attribuée au Colonel Kléber Dadjo, prononcée le 4 février 1967 devant les représentants des populations des Savanes : ‘’Fermez vos portes, fermez vos oreilles, fermez vos yeux à ceux qui ont intérêt à insuffler dans la nation la haine et le désordre’’.

Selon Madame Nana-Daboya cette parole résonne comme un appel à préserver la paix, à combattre la haine et l’intolérance et à privilégier la concorde nationale.

 « Le Soldat Kléber Dadjo »

Bien avant le mausolée de Siou, un ouvrage intitulé : « Le soldat Kléber Dadjo », écrit par Dr Evalo Wiyao, en hommage à l’ancien Président Kléber Bawaina Dadjo a été dédicacé le jeudi 6 août 2026, à l’Auditorium du campus universitaire de Lomé.

L’œuvre retrace le parcours exceptionnel de Kléber Dadjo, une figure fondatrice de l’armée et de l’État togolais et tout ceci sur une période allant de 1933 à 1967.

L’ouvrage, comporte deux grandes parties : « Kléber Dadjo sous le drapeau français : le symbole de la témérité (1933-1962) » et ‘’Kléber Dadjo : l’officier supérieur et le président de la République (1er avril 1961-13 avril 1967)’’.

Structurée en deux mouvements, la première partie laisse découvrir l’engagement du soldat dans l’armée français jusqu’à devenir le commandant de la Garde togolaise. Kléber Dadjo : soldat de rang jusqu’au grade de sous-officier supérieur (1er mai 1933 au 1er juillet 1948). D’abord, on retient des développements du Dr Evalo Wiyao que Kléber Dadjo, qui naquit le 12 août 1914 à Atakpamé d’un fonctionnaire de police (Gardes-cercles) et d’une mère ménagère, s’est engagé dans l’armée française comme milicien à 19 ans le 1er mai 1933, à travers la signature d’un contrat d’engagement volontaire. Il évolue jusqu’au sous-lieutenant le 1er juillet 1947. Kléber Dadjo : officier de l’armée française et commandant de la Garde togolaise (1er juillet 1947-1er avril 1961).

Devenu officier de l’armée française, le sous-lieutenant Kléber Dadjo continua à imposer son image de soldat d’élite en affichant, à chaque occasion, son bravoure, courage et détermination. Du Dahomey, le vaillant et courageux officier fut déployé à deux reprises dans l’Extrême Orient.

Le premier officier togolais revint au bercail à un moment crucial de l’avenir politique du Togo.  Il joua un rôle déterminant dans le processus politique au Togo. Ayant joué un rôle important dans l’organisation du référendum du 28 octobre 1956, le lieutenant Kléber Dadjo fut promu capitaine le 1er avril 1957 et fut mis à la disposition de la Garde togolaise à la demande du Premier ministre Nicolas Grunitzky. A peine transféré aux Forces armées togolaises (FAT) le capitaine Dadjo a été élevé, le 28 mars 1961 au grade de chef de Bataillon à compter du 1er avril 1961.

Le parcours politique de Dadjo

Construite également autour de deux axes, la deuxième partie revient sur les valeurs qu’incarnait le commandant de la Garde togolaise et son rôle politique en tant que Président de la République. Le transfert du capitaine Kléber Dadjo aux FAT coïncida avec une aggravation des règlements de comptes et de la vengeance du gouvernement de Sylvanus Olympio contre l’opposition progressiste regroupée au sein de l’Union Démocratique des Populations Togolaises (UDPT) dirigée par l’ancien premier ministre, Nicolas Grunitzky et Antoine Méatchi, le leader l’Union des Chefs et Populations du Nord (UCPN).

Dans cet environnement, le Commandant Kléber Dadjo est chargé d’assurer la sécurité intérieure du Togo, particulièrement celle du Président de la République et le maintien d’ordre. Cependant, l’auteur démontre que certaines situations conjoncturelles ne favorisèrent guère lesdites missions, très importantes pour le nouvel Etat, le Togo. Promu au grade de lieutenant-colonel le 1er octobre 1963, il fit son entrée à la présidence de la République comme chef du cabinet militaire le 1er  avril 1964.

Le 13 janvier 1967, Kléber Dadjo arborait déjà le grade de Colonel qu’il obtint le 1er octobre 1965. Etant depuis lors, le plus gradé de l’armée togolaise, le choix fut porté sur sa personne pour diriger la transition ouverte avec le départ de Nicolas Grunitzky, le 13 janvier 1967. Le 14 avril 1967, le Président du CNR procéda en douceur à la passation du pouvoir au lieutenant-colonel Etienne Gnassingbé, alors chef d’Etat-Major des FAT. Le 1er mai 1969, le vaillant guerrier, l’officié loyal, le Président consensuel fut admis à la retraite.

L’hommage national au colonel Kléber Dadjo constitue un acte de transmission historique destiné aux jeunes générations. Connaître son engagement militaire et son rôle politique permet de mieux comprendre les fondements du Togo contemporain.

Vignikpo Akpéné