Laurent Gbagbo tance ADO et se met en avant pour l’ère 2025-2030

«Je suis candidat contre le quatrième mandat», a ajouté celui qui a gouverné la Côte d’Ivoire de 2000 à 2011, appelant ses militants à des marches

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Laurent Gbagbo tance ADO
Laurent Gbagbo en meeting à Yopougon le 16 aout 2025 (DR-Zone Presse).

Abidjan (© 2025 Afriquinfos)- Une semaine après la marche conjointe du PPA-CI et du PDCI, l’ex-président Laurent Gbagbo et leader du Parti des peuples africains (PPA-CI) a animé un grand meeting ce samedi 16 août 2025 à l’espace Ficgayo de Yopougon. Au cours de cette rencontre, l’ancien Chef de l’État ivoirien, candidat à la présidentielle du 25 octobre bien qu’inéligible, a une fois de plus manifesté contre le 4ème mandat d’Alassane Ouattara.

«Je voudrais que vous tous qui êtes là, vous alliez lui dire qu’il ne fera pas ce quatrième mandat. Il faut être clair et net, il n’y aura pas de quatrième mandat. Notre détermination est sans faille», a lancé Laurent K. Gbagbo, lors du meeting, durant un discours d’une quarantaine de minutes principalement axé sur ce thème.

«Je suis candidat contre le quatrième mandat», a ajouté celui qui a gouverné la Côte d’Ivoire de 2000 à 2011, appelant ses militants à des marches. Le président du PPA-CI, 80 ans, s’exprimait devant des milliers de militants qui avaient rempli la place Ficgayo de la Commune abidjanaise de Yopougon, l’un de ses bastions historiques.

Une décision du Conseil constitutionnel contestée

Fin juillet 2025, Alassane Ouattara, qui a succédé à Laurent Gbagbo en 2011 après des mois d’une crise meurtrière, a annoncé sa candidature pour un quatrième mandat, « assurant que la Constitution l’y autorise ».

La loi fondamentale ivoirienne prévoit un maximum de deux mandats, mais le Conseil constitutionnel a estimé en 2020 qu’avec la nouvelle Constitution adoptée quatre ans plus tôt, le compteur des mandats présidentiels avait été remis à zéro. Ce que l’Opposition a toujours contesté. Samedi, 09 aout, des milliers de militants des deux principales formations d’opposition, le PPA-CI et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) avaient manifesté dans le calme dans les rues de Yopougon contre ce quatrième mandat.

Le parti de l’ex-Premier ministre ivoirien Affi N’Guessan, président du FPI, était également invité au meeting de Laurent Gbagbo à la place Ficgayo de Yopougon. Le Front populaire ivoirien (FPI), à l’instar du PPA-CI, «réclame des élections libres, inclusives, transparentes et apaisées», ainsi que la réinscription de Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé sur la liste électorale, a laissé entendre le FPI.

Cette invitation de Laurent Gbagbo à Affi N’Guessan marque un rapprochement entre les deux personnalités. De retour au pays, après son acquittement par la CPI, l’ex-Président ivoirien a créé le PPA-CI, abandonnant le FPI qu’il a fondé, aux mains de M. Affi N’Guessan.

Samedi, 16 août, Laurent Gbagbo a également demandé «la libération» des militants d’opposition emprisonnés ces dernières semaines. Onze membres de son parti, dont un ancien ministre, ont été inculpés en début de semaine pour «acte terroriste», après des incidents début août à Yopougon. Outre Laurent Gbagbo, son ancien bras droit Charles Blé Goudé et l’ex-Premier ministre en exil Guillaume K. Soro sont aussi radiés des listes électorales en raison de condamnations judiciaires.

Tidjane Thiam, le président du PDCI, est pour sa part inéligible pour des questions de nationalité. Le climat politique est tendu en Côte d’Ivoire à un peu plus de deux mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025.

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