Alger (© 2026 Afriquinfos)- Officiellement depuis le jeudi 10 septembre 2026, les relations diplomatiques entre l’Algérie et les Émirats arabes unis sont rompues. Une décision d’Alger qui dénonce des « actions provocatrices et hostiles » d’Abou Dhabi.
Dans un communiqué de son Ministère des Affaires étrangères, l’Algérie a annoncé la fin de ses relations avec les Émirats arabe unis. Dans la foulée, les autorités algériennes ont a acté la fermeture de l’espace aérien du pays aux avions militaires et civils des Emirats arabes unis. Le ministère de la défense a précisé que la fermeture de l’espace aérien entrerait en vigueur à minuit. Cette mesure ne concerne cependant pas pour l’heure « les vols commerciaux émiratis en provenance ou à destination de l’aéroport international d’Alger, maintenus jusqu’à fin 2026 ».
Que reproche Alger à Abou Dhabi ? Dans son communiqué, sans rentrer dans les détails, le ministère algérien des Affaires étrangères évoquent des actions « provocatrices et hostiles » et ajoute que les actions d’Abou Dhabi ne sont plus ni acceptables ni tolérables, après les que les autorités algériennes aient « épuisé tous les recours pour préserver les relations bilatérales ».
Peu après l’annonce de l’Algérie, Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Émirats arabes unis, a déclaré sur X que les relations diplomatiques devaient être basées sur la « rationalité, la communication et la clarté des intérêts », plutôt que sur « des énigmes et des signaux qui demandent à être décodés ». Anwar Gargash, qui n’a pas cité l’Algérie dans sa publication ni fait référence à l’annonce d’Alger, a ajouté que le succès de la diplomatie reposait sur des positions claires et sur une gestion efficace des intérêts et des divergences.
Depuis quelques années les deux pays entretiennent des relations tendues. Sur la question d’Israël, du Front Polisario ou même dans le Sahel, les positions soutenues et les approches divergent.
Le président Abdelmajid Tebboune ne manque pas l’occasion de lancer des piques à l’État du Golfe : « Parfois, je parle d’un État minuscule parce que son impact est très négatif. Là où ils mettent le pied, le sang coule. C’est grave, et nous avons des preuves », avait-il déclaré lors d’une interview avec les médias nationaux. Mais il avait alors écarté l’idée d’une rupture diplomatique, expliquant à ce moment-là : « Il y a beaucoup de division dans le monde arabe et nous ne voulons pas aggraver la situation. Sinon, cela fait longtemps que nous aurions rompu nos relations avec ce micro-État, duquel il n’émane qu’humiliation et discorde. »
La rupture est désormais consommée entre les deux pays.
Boniface T.



