L’Afrique, mauvais élève en matière de droit de l’homme selon le rapport annuel d’Amnesty International

Afriquinfos
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(Amnesty-Tunisie, photo, DR).

Londres (© 2017 Afriquinfos) – Dans son rapport annuel publié mercredi 22 février,  l’ONG Amnesty International révèle l’ampleur du non-respect des  droits de l’homme l’an dernier partout dans le monde. Mais le document pointe plus l’Afrique qui y occupe la première place.

Les pays fossoyeurs des droits de l’homme est kilométrique et les dérives totalitaires tout aussi pléthoriques. Cela va de la dispersion, de l’interdiction de manifestations, jugées séditieuses […], aux détentions arbitraires, en passant par les massacres de populations à balles réelles. De l’Afrique du Sud au Zimbabwe, en passant par le Burundi, l’Ethiopie, le Soudan, le Tchad, la RDC, le continent noir a mal en ses droits de l’homme. […] L’Afrique a encore présenté une de ses laideurs favorites : l’absence de liberté d’opinion, de parole, le règne de l’arbitraire et des démocraties tropicales.

Des élèves plus ou moins mauvais

Amnesty International, relève qu’au Cameroun le site d’information Camerpost, « égrène les nombreuses exactions et autres infractions au droit international humanitaire commises par la secte islamiste Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord et qui ont également provoqué le déplacement de plus de 170 000 personnes. Mais l’ONG s’attarde aussi sur la riposte des autorités et des forces de sécurité, qui « se sont rendues coupables de violations des droits humains, y compris d’arrestations arbitraires, de détentions au secret, d’actes de torture et de disparitions forcées ».

Au Gabon, l’ONG cite le site d’information Gabon Review  qui relève que « l’année 2016 a été marquée au Gabon, par une amplification de la répression contre les manifestations pacifiques ». Après l’élection présidentielle contestée, « des dirigeants et des partisans de l’opposition ont été la cible de graves attaques ». Il y a eu aussi, selon le site gabonais, « des restrictions arbitraires ou des blocages de l’accès à Internet ».

Troisième exemple, sans doute le plus inattendu : le Bénin, mauvais élève dans le respect des droits humains. Des condamnés attendant toujours leur jugement, des interdictions de manifestation et d’association ainsi que des atteintes à la liberté de presse sont autant de points sombres relevés par Amnesty en ce qui concerne les droits humains au Bénin.

La démocratie, « affaire de blancs » ?

Enfin, dernier exemple, moins surprenant : le Congo-Brazzaville. « Denis Sassou Nguesso, avec toute la désinvolture dont seuls les dictateurs ont le secret, a refusé l’accès de son pays à Amnesty International. Pourtant, il y avait matière à y faire un tour, à en croire Samira Daoud, directrice régionale adjointe Afrique de l’Ouest et du Centre à Amnesty International. Et elle l’a signifié en des termes qui ne souffrent d’aucune ambiguïté : « La situation au Congo-Brazzaville, a-t-elle dit, est extrêmement préoccupante ; le droit d’exprimer les opinions politiques et divergentes et le droit de manifester ne sont manifestement ni respectés ni protégés ». Ce constat n’est pas le propre du Congo-Brazzaville, pointe encore Le Pays. Il est valable pour l’ensemble des pays africains dont les dirigeants sont convaincus que la démocratie est une « affaire de Blancs »».

Vignikpo Akpéné